Au sommaire de « l’École des lettres » (n° 2, 2019-2020)

L'École des lettres, n°2, 2019-2020Les « Illustres Classiques » : naissance d’une collection
« Notre-Dame de Paris », de Victor Hugo
L’ogre aux limites de l’humain
« Le Fils de l’Ursari », de Xavier-Laurent Petit, du roman à la bande dessinée


 

IMAGE ET LITTÉRATURE

Charlotte Gastaut et Charlotte Moundlic
Charlotte Gastaut et Charlotte Moundlic

Les « Illustres Classiques », naissance d’une collection.
Entretien avec Charlotte Moundlic et Charlotte Gastaut
Les bibliophiles les appellent encore les « livres à figures », ces ouvrages illustrés de planches gravées hors texte dont l’histoire a partie liée avec l’origine même de l’imprimerie. En effet, dès la fin du XVe siècle, on illustre ainsi des textes religieux, mais aussi de la littérature profane, des classiques – ceux de l’époque : Homère, Virgile, Ésope…
L’image, une gravure sur bois, sert alors à instruire ceux qui ne savent pas lire… et les autres. Au XVIe, la taille-douce supplante la gravure sur bois ; au XVIIIe, les illustrateurs se nomment Bouchardon, Oudry ou Fragonard. Le XIXe aura aussi ses maîtres : Tony Johannot et Gustave Doré, dont les dessins ornent, notamment, les fameux ouvrages des éditions Hetzel.
C’est dans cette lignée de livres d’artistes que s’inscrit aujourd’hui la collection « Illustres Classiques ». Elle puise ses textes dans le vivier des « Classiques » – abrégés ou non – de l’école des loisirs, et ses créateurs d’images dans la gibecière de la directrice artistique Charlotte Moundlic.
Deux titres, à paraître en novembre, inaugurent la série : Les Quatre Filles du docteur March, de Louisa May Alcott, illustré par Thomas Gilbert, et Les Hauts de Hurle-Vent, d’Emily Brontë, mis en images par Charlotte Gastaut.
Lire l’entretien sur ce site
« Les Hauts de Hurle-Vent », d’Emily Brontë, illustrations de Charlotte Gastaut © l'école des loisirs, 2019
« Les Hauts de Hurle-Vent », d’Emily Brontë, illustrations de Charlotte Gastaut © l’école des loisirs, 2019

« Les Quatre Filles du docteur March », de Louisa May Alcott, illustrations de Thomas Gilbert © l'école des loisirs, 2019
« Les Quatre Filles du docteur March », de Louisa May Alcott, illustrations de Thomas Gilbert © l’école des loisirs, 2019

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
« Les Quatre Filles du docteur March », de Louisa May Alcott, dans la collection « Illustres Classiques ». Une mise en images magnifiquement pensée, par Stéphane Labbe
Alors qu’une nouvelle adaptation cinématographique des Quatre Filles du docteur March s’apprête à déferler sur les écrans du monde entier, les éditions l’école des loisirs inaugurent la collection « Illustres Classiques » avec le roman de Louisa May Alcott et Les Hauts de Hurle-Vent, d’Emily Brontë. Cette version illustrée des Quatre Filles reprend le texte publié en 2010 par Malika Ferdjoukh dans la collection « Classiques », mais destitue le pasteur March de sa vocation sacerdotale pour lui redonner le titre de médecin que lui avait décerné un peu inconsidérément Hetzel, le premier traducteur français de l’œuvre de Louisa May Alcott.
Dans sa traduction, Malika Ferdjoukh a eu l’astuce de concilier la vérité (le père des filles March est bien pasteur et non docteur) aux références de la tradition francophone. Elle a su, d’une part, restituer le caractère fantasque, intransigeant et indépendant de Jo et, d’autre part, restaurer l’arrière-plan protestant (occulté par Hetzel) sans lequel le roman perd une grande part de sa saveur.
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« Les Filles du docteur March », de Greta Gerwig
Eliza Scanlen (Beth), Saoirse Ronan (Jo), Emma Watson (Meg) & Florence Pugh (Amy) dans « Les Filles du docteur March », de Greta Gerwig © Wilson Webb / 2019 CTMG, Inc.

« Les Quatre Filles du docteur March », de retour au cinéma,
par Philippe Leclercq
Si l’on devait dresser un panthéon de la littérature étrangère à l’aune de l’abondance des traductions et adaptations cinématographiques du texte original, nul doute que Little Women (Les Quatre Filles du docteur March), de Louisa May Alcott, y figurerait en bonne place.
Et ce n’est ni la version illustrée publiée dans la collection « Illustres Classiques » à l’école des loisirs, ni le « remake » prévu pour le tout début de l’année prochaine qui viendront contrarier et encore moins amoindrir cette belle notoriété, déjà longue de plus de cent cinquante ans.
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ÉDUCATION ARTISTIQUE ET CULTURELLE

Le thème de l'ogreL’ogre, aux limites de l’humain, un parcours d’éducation artistique et culturelle en sixième (I),
par Karine Veillas
À l’entrée en sixième, la plupart des élèves connaissent déjà la figure de l’ogre pour l’avoir abordée à l’école, par les contes ou les albums de jeunesse, ou pour l’avoir vue dans les dessins animés, comme Shrek, souvent sous des jours édulcorés ou parodiés.
Dès lors, pourquoi en poursuivre l’étude au collège ? Parce que, érigée au rang de mythe, cette figure fascine adultes et enfants. Simple en apparence, elle se révèle plus complexe qu’il n’y paraît. Comme le suggère Michel Tournier, « le mythe est enfantin à la base, métaphysique au sommet ».
Plan de l’étude (première partie) : L’ogre dans tous ses domaines. – L’ogre dans les programmes. – Séquence 1 : Face à face avec l’ogre : redécouvrir le texte inaugural : « Le Petit Poucet ». – Réaliser un « podcast » illustré. – Tenir un carnet de lecteur et de spectateur. –  Autour des contes. – Autour des représentations visuelles. – Autour des réécritures narratives. – L’ogre dans le film et le spectacle. – Écrire un conte d’ogre par binômes. – Bibliographie.
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INCITER À LA LECTURE EN CLASSE DE SIXIÈME

Inciter à la lecture en classe de sixièmeLecture-découverte et lecture-relais,
par Yves Lucas
Les instituteurs d’autrefois réservaient, dans l’emploi du temps hebdomadaire de la classe, en fin de semaine, une plage horaire à la lecture. Ils appelaient cette séance la « lecture du samedi ». Le maître lisait à voix haute des passages connus de la littérature : contes en  texte intégral, extraits significatifs de romans ou autres récits de genres différents. Cette pratique a fait entrer dans les classes nombre de héros qui ont nourri l’imaginaire de générations d’écoliers : Ulysse, Pantagruel, Pinocchio, Jean Valjean…
Aujourd’hui, les conditions d’accès à un patrimoine culturel commun sont à la portée de tous. Face à la multiplication des canaux de diffusion et à la profusion des techniques mises en œuvre pour attirer le plus grand nombre, on a parfois du mal à distinguer la part qui revient à l’œuvre originale de ce qui relève de l’adaptation commerciale. Inutile d’opposer l’une à l’autre ; la force évocatrice est autant du côté des mots que du côté des images. Nous avons joué la carte de la complémentarité pour mettre en place cette incitation à la lecture. L’activité se déroule en deux temps.
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LITTÉRATURE CONTEMPORAINE

"Uer Van Gogh", de Sophie Chérer« Tuer Van Gogh », de Sophie Chérer : le thriller pictural d’une romancière enquêtrice,
par Antony Soron
Revenir à Van Gogh n’était pas une mince affaire après que le cinéma s’en est emparé, après que Kirk Douglas (dans La Vie passionnée de Vincent Van Gogh, de Vincente Minnelli, 1956) et Jacques Dutronc (dans Van Gogh, de Maurice Pialat, 1991), notamment, lui ont recomposé un visage pour la postérité, après que Jean Ferrat l’a fait traîner son désespoir dans sa chanson de « L’Homme à l’oreille coupée », en 1962, et qu’Antonin Artaud, surtout, l’a défini comme le « suicidé de la société », titre de l’essai qu’il consacra au peintre en 1947. Pourtant, Sophie Chérer a eu envie de gratter la croûte présumée définitive d’un portrait trop tragique pour être absolument vraisemblable. Et voilà qu’elle nous livre aujourd’hui un Tuer Van Gogh qui bouleverse autant nos certitudes que nos émotions.
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LITTÉRATURE CLASSIQUE

« Notre-Dame de Paris », de Victor Hugo, « Classiques »•  Lire un roman historique et populaire en classe de quatrième : « Notre-Dame de Paris », de Victor Hugo,
par Norbert Czarny
L’incendie qu’a subi la cathédrale Notre-Dame de Paris les 15 et 16 avril 2019 a montré combien ce monument et lieu de culte était davantage qu’un vestige du passé au cœur de la croyance catholique : l’émotion provoquée par l’événement, la ferveur qu’on a pu sentir en France et à travers le monde sont là pour le prouver.
La lecture du roman de Victor Hugo ou, plutôt, ses lectures aussi soudaines que diverses traduisent également cet élan pour un lieu emblématique de la capitale. On a réentendu des feuilletons radiophoniques tirés du roman, et on pourra en faire écouter des passages en classe. On ne saurait négliger le fait que bien des élèves connaissent (ou croient connaître) cette œuvre adaptée sous la forme de comédie musicale et de BD, transformée en dessin animé par les studios Disney et leur Bossu de Notre-Dame, ou en films avec Charles Laughton ou Anthony Quinn en Quasimodo.
Si l’on se réfère aux programmes de collège, le roman peut être approché en sixième, à travers la figure du « monstre aux limites de l’humain », et s’envisager de manière plus approfondie en classe de quatrième dans le cadre du questionnement complémentaire intitulé : « La ville, lieu de tous les possibles ? », qui propose les pistes suivantes :
« – montrer comment la ville inspire les écrivains – poètes, auteurs de romans policiers, grands romanciers des XIXe et XXe siècles, etc. – et les artistes qui la représentent dans sa diversité, sa complexité et ses contradictions ; − s’interroger sur les ambivalences des représentations du milieu urbain : lieu d’évasion, de liberté, de rencontres, de découvertes, mais aussi lieu de “perdition”, de solitude, de désillusion, de peurs ou d’utopies. »
On peut néanmoins aborder Notre-Dame de Paris sous bien d’autres angles et à bien d’autres niveaux… Hugo est un perpétuel rebelle. L’enfermer dans un cadre, c’est étouffer sa voix, réduire aux exigences d’un « programme » ce qui doit être de l’ordre de la fête, de la jubilation. C’est pourquoi, plutôt que de tenter de le soumettre à des séances calibrées, on préférera ouvrir des voies, des perspectives, et mettre en relief les nombreuses possibilités qu’offre la lecture de ce roman en s’attachant à des ensembles (chapitres ou longs passages) comme à des détails, parce que la partie révèle le tout…
• Voir sur ce site : Restaurer au temps de Victor Hugo : reconstruire à l’identique ou réinventer ?
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BANDE DESSINÉE

« Le Fils de l’Ursari », de Cyrille Pomès & Isabelle Merlet d’après le roman de Xavier-Laurent Petit« Le Fils de l’Ursari », de Cyrille Pomès et Isabelle Merlet, d’après le roman de Xavier-Laurent Petit,
par Olivier Dufaut et Ophélie Praly

Cette adaptation en bande dessinée du roman de Xavier-Laurent Petit (« Médium +», l’école des loisirs, 2016) raconte le quotidien d’une famille de Roms montreurs d’ours qui, après avoir fui son pays d’origine (vraisemblablement la Roumanie), s’installe dans un bidonville en périphérie de Paris.
Dans la jungle urbaine de la capitale, ferraillerie, mendicité et larcins permettent tant bien que mal aux Zidar de rembourser une énorme dette contractée auprès de bandits sans scrupules. En parallèle de son apprentissage en chapardage, Ciprian, le plus jeune des enfants, observe avec curiosité les joueurs d’échecs du jardin du Luxembourg, dont il mémorisera les parties avec une facilité déconcertante. Alors que la pression (policière, mafieuse, médiatique) s’intensifie, la rencontre de personnes bienveillantes apportera des lueurs d’espoir à la famille (accueil, scolarisation, soins…) et permettra à Ciprian d’apprendre intensément les échecs avant d’en devenir un prodige.
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L’ÉCOLE DES LETTRES 2019-2020

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