Brigitte Giraud, ancrée dans le présent

Sélectionnée pour le prix Goncourt et le Goncourt des lycéens 2022 pour Vivre vite (Flammarion), la romancière et nouvelliste publie, chez l’école des loisirs, un roman qui prolonge, sous forme de monologues, le drame survenu dans Jour de courage (2019) : Livio, 17 ans, disparaît après avoir présenté en classe un exposé sur les premiers autodafés nazis.

Par Norbert Czarny, critique littéraire

Sélectionnée pour le prix Goncourt et le Goncourt des lycéens 2022 pour Vivre vite (Flammarion), la romancière et nouvelliste publie, chez l’école des loisirs, un roman qui prolonge, sous forme de monologues, le drame survenu dans Jour de courage (2019) : Livio, 17 ans, disparaît après avoir présenté en classe un exposé sur les premiers autodafés nazis.

Par Norbert Czarny, critique littéraire

Portrait chinois :

  • Ville ? Lyon (et sa banlieue).
  • Époque ? Notre siècle, qui commence vers 1954 par une guerre sans nom.
  • Âge ? L’adolescence.
  • Partie du corps ? Entier.
  • Classe grammaticale la plus utilisée ? Le verbe.
  • Temps souvent employé ? Le présent.

Le présent, le temps de l’action, le temps de l’énergie qui ne semble jamais se consumer, le temps du « vivre vite et mourir jeune » que chante Lou Reed, une des références musicales de sa génération, le temps d’un amour perdu qui se dit « à présent », et non « après ». Écrivant des romans et des nouvelles depuis plus de vingt ans, Brigitte Giraud n’est pas du genre à se hausser du col ni à plastronner sur les plateaux de télévision pour donner son avis à qui veut l’entendre. Ce qu’elle voit, ce qu’elle sent, ce qu’elle éprouve, elle l’écrit et en parle avec passion, sans jamais perdre le sens de la nuance : le monde est trop complexe pour être caricaturé.

Brigitte Giraud est née en 1960 à Sidi Bel Abbès, en Algérie. Son père, appelé, y servait comme infirmier. Elle grandit dans la banlieue de Lyon, et exerce divers métiers, dont celui de libraire, avant de se consacrer à l’écriture. Elle dirige un temps « La forêt », une collection chez Stock où elle publie notamment Dominique A. (Y revenir), Fabio Viscogliosi (Apologie du slow) ou Mona Thomas (Leman). Elle est aussi programmatrice pour la Fête du livre de Bron. Depuis La Chambre des parents en 1997, elle a publié une dizaine de romans, dont les deux derniers, Vivre vite (Flammarion) et Porté disparu (l’école des loisirs), cette année.

Expérience tragique

Le premier, sélectionné pour le prix Goncourt 2022 et le Goncourt des lycéens, est un roman autobiographique qui fait écho à À présent, récit paru en 2001, et qui revient sur le jour de la mort tragique de son mari lors d’un accident de moto. Il est construit sur le principe du « et si », telle chose ne s’était pas passée comme ça ce jour-là, l’accident n’aurait pas eu lieu.

Le second, publié dans la collection « Medium + » (adolescents et jeunes adultes) de l’école des loisirs, prolonge Jour de courage et amplifie la prise de paroles de plusieurs personnages autour de la disparition d’un jeune homme de 17 ans, Livio.

« Sans la sauce entre les mots »

Un écrivain, c’est un style, une langue, une voix. Brigitte Giraud serait sans artifice, sobre, juste. Comme elle l’écrit dans À présent (2001), la mort accidentelle de son mari et le deuil qui la frappe subitement arrivent « sans la sauce entre les mots ». Elle évite les métaphores, les phrases trop alambiquées, elle écrit « au couteau », pour reprendre l’expression d’Annie Ernaux.

Perdre celui qu’on aime dans un accident de moto, c’est plus que brutal : absurde, incompréhensible. Elle revient sur cette perte dans Vivre vite, énumérant les « si » qui ont rendu possible un tel accident. Une série de micro-événements a provoqué le drame. Tout tient à une envie précipitée de déménager, à un mardi matin qui aurait dû être pluvieux, à une moto empruntée, « inroulable » ou une chanson trop courte : Claude, son mari, s’est trouvé en retard pour aller chercher leur fils à l’école. La même rigueur rend ce roman tranchant, douloureux, jamais dans le pathos.

Ses personnages apprennent, découvrent, transmettent parfois, agissent face aux autres, tel Livio, le lycéen de Jour de courage (2019). En présentant son exposé sur les premiers autodafés commis par les nazis, Livio fait des gestes, mime, montre à ses camarades parfois incrédules, voire sarcastiques, ce qu’annoncent les livres que l’on brûle.

« L’expérience de la peau »

Brigitte Giraud emploie peu d’adverbes et choisit ses adjectifs. Surtout, elle aime les verbes, synonymes d’action, de mouvement, d’énergie permanente. Le verbe est un corps en mouvement. La romancière a travaillé avec des chorégraphes. C’est très net dans Avoir un corps (2013), roman plein de fièvre sur la transformation d’une enfant en femme.

L’autrice évoque « l’expérience de la peau » et elle la décline au fil des âges, mettant en scène une narratrice qui aime marcher pieds nus sur la plage, qui grandit en une époque où la prévention est un mot abstrait. Le premier apprentissage, c’est l’appréhension physique des choses, par contact avec la main, le pied, ou les yeux.

Apprendre : verbe clé.

La narratrice de J’apprends consacre toute son énergie à cette activité. Le verbe est d’abord intransitif, puis des compléments le suivent, enthousiasmants : lire, écrire, observer, compter. Bientôt plus équivoques : mentir, se taire. Grandir, c’est « apprendre qu’on ne peut pas tout dire ». La narratrice apprend les mots qu’on chuchote ou qui ne se disent pas à l’école. Ainsi, de la sale guerre que le père et l’oncle ont dû faire, cette guerre qu’on appelait (déjà) opération spéciale. Brigitte Giraud montre la guerre d’Algérie dans Un loup pour l’homme, qu’elle a mis vingt ans à pouvoir écrire. Tous les hommes y sont des loups, et sa guerre sans vainqueurs ne compte que des humiliés, des blessés, des mutilés, dont elle décrit les corps, traces vivantes des événements. Apprendre, comme on apprend une nouvelle tragique : une sœur suicidaire dans J’apprends, la mort d’un jeune frère dans Une année étrangère.

Lyon et sa banlieue

Évoluant dans une époque qui mêle Sheila ou Claude François et les groupes punk des années soixante-quinze, les années fric et les rêves de pavillon avec jardin, Brigitte Giraud situe ses romans à Lyon et dans sa banlieue. Dans Pas d’inquiétude (2011), Mehdi est reclus avec ses parents dans un pavillon comme Robinson Crusoé sur son île. Le jeune garçon souffre d’une grave maladie. Son père reste à la maison avec lui cumulant les RTT de ses collègues de l’imprimerie, solidaires.

Lyon est la ville de la Résistance, des révoltes ouvrières, des quartiers d’artisans que l’on voit aussi dans les films de Bertrand Tavernier, autre natif de la cité rhodanienne. C’est aussi le nid de Claude et Brigitte, dans Vivre vite. Ils lui ont préféré une vieille et mystérieuse maison à Caluire-et-Cuire, le dernier lieu de Jean Moulin, mais y reviennent souvent car elle est le cœur battant de la région.

Chez Brigitte Giraud, la salle de classe est cet espace dans lequel, le temps d’un cours, tout peut arriver. C’est le cas dans Jour de courage comme dans J’apprends. La classe comme la ville est un microcosme : celles et ceux qui sont rassemblés pour suivre le cours usent de toutes les stratégies pour trouver leur place ou se la faire. Ainsi, la narratrice de J’apprends prend sa place en disant « non à une adulte ». Dans Jour de courage, Livio parvient à appartenir à quelque chose en transformant un cours d’histoire en événement érudit et engagé. Il subvertit les règles pour donner vie et sens à ce qui n’en avait pas : « Et cela donnait dans la classe des silences parfois pénibles, entre fatigue et résignation, comme si l’histoire n’était qu’une chose ancienne, une boîte fermée à double tour, dont les scénarios les plus monstrueux et les zones de mystères ne les excitaient pas. »

Brigitte Giraud rend le flux charnel de l’histoire. Le féminin importe, comme pour Annie Ernaux, Camille Laurens ou Maryline Desbiolles, mais ses romans, qui conjuguent l’intime et l’universel, s’adressent à tous, indistinctement. Cela participe de leur beauté.

Choix bibliographiques

  • J’apprends, 2005, Livre de Poche. Le verbe est ici employé de façon presque intransitive. Une petite fille apprend le monde. D’abord sa simplicité, son évidence, puis très vite, ce que les adultes ne disent pas ou cachent, la complexité des choses et la souffrance. Elle apprend qui elle est et grandit. Les ellipses disent tout.
  • L’amour est très surestimé, 2007, Livre de Poche. Quelques nouvelles sur le couple tel qu’il se fait ou se défait, des scènes d’enfance, un monde tout simple, très proche, rendu par une écriture aussi simple et proche.
  • Avoir un corps, 2013, J’ai lu. Il subit des métamorphoses, connaît des maux divers plus ou moins graves, il témoigne de nos émotions, de nos souffrances morales, il vit nos plus grandes joies, nos découvertes les plus précieuses : c’est notre corps, et c’est à travers lui que la narratrice raconte sa vie. Autour d’elle, les parents, le frère, le garçon tant aimé et perdu dans un accident, les amies… L’auteur écrit au présent, décrit les menus moments qui font une existence. Celles et ceux qui ont lu J’apprends retrouveront le regard aigu de Brigitte Giraud, jamais narcissique ni complaisante.
  • Jour de courage, 2019, J’ai lu. Livio est lycéen et doit présenter devant sa classe un exposé sur Magnus Hirschfeld, médecin qui lutta pour l’égalité homme femme et les droits des homosexuels. L’heure de cours est aussi pour lui celle du dévoilement, avant une disparition : personne n’aura pu, su ou voulu l’écouter jusqu’au bout. Porté disparu à l’école des loisirs, prolonge ce livre à travers six monologues.
  • Un loup pour l’homme, 2017, J’ai lu. Antoine vient d’être appelé à servir en Algérie. Il doit quitter Lila, sa jeune épouse, enceinte. Elle supporte mal de vivre sans « son mari confisqué ». Antoine ne veut pas combattre. Il sera infirmier. Les mois passent, les saisons, Antoine remplit des missions, découvre la réalité de cette entreprise de « pacification » qui mutile et détruit et qu’on appelle une guerre, même si le gouvernement de l’époque préfère l’euphémisme « d’événements d’Algérie ».
  • Vivre vite, 2022, Flammarion. « Vivre vite et mourir jeune » était une chanson de Lou Reed, c’est la réalité qu’ont vécue Claude et Brigitte. Il est mort dans un accident de moto, elle en est restée hébétée, révoltée, refusant de devenir la veuve éplorée. Vingt ans après, elle raconte ce qui aurait pu advenir si : si Claude n’avait pas emprunté la moto « inroulable », s’il n’avait pas pris du retard dans la discothèque de Lyon qu’il dirigeait, si, si…Cela donne un récit au conditionnel passé, temps des regrets, et au présent, temps qui sert à cerner une époque.

Proposition d’activités menées en classe à partir de J’apprends (toutes les références de pages renvoient à l’édition de poche)

Activités en classe entière et en demi-groupe,.

Écriture brève à partager (vous pouvez faire 1, 2, 3 ou 4 exercices.)

Vous aurez constitué pour ce jour une liste de cinq mots que vous avez trouvé compliqués à un moment quelconque de votre scolarité (cf. p.13). Ils formeront à terme un nuage.

  • Essayez de vous rappeler 4 ou 5 mots qui vous semblaient incompréhensibles, mystérieux, propres au monde des adultes. Vous pouvez commenter ou pas. Voir pages 44, 73, 100, par exemple (« femme divorcée », « capable » …)
  • À partir des trois verbes de la page 62 « Je rends, j’admets, je perds », proposez la liste des noms et verbes que vous détestez. Vous pouvez, ou pas, commenter, justifier.
  • Choisissez un ou quelques mots du vocabulaire des mathématiques (Cf. p 98) et écrivez un paragraphe en oubliant ce qu’ils signifient dans cette matière.

Écriture plus longue

Après étude des pages 9 à 11 :
– Écrivez la suite de J’apprends en suivant la construction qui suit :

  • J’apprends + COD GN
  • J’apprends + Complétive (j’apprends que…)
  • J’apprends + COI

De même, avec le verbe aimer + GN ou + Complétive.

– Lisez le texte de Marie Desplechin, en fin d’article, qui vous éclairera.

– Insistez sur les constructions qui redoublent et varient :
S’asseoir à sa place, rester à sa place, rester en place (avec double sens possible sur rester à sa place.)

Autres propositions d’écriture

À partir de la page 21 : « L’école me fait toucher du doigt la beauté et la fragilité du monde, m’invite à franchir un pont. » Quel(s) pont(s) avez-vous franchi(s) grâce à l’école ? Qu’y avez-vous découvert ? Qu’est-ce qui vous a touché(s), ému(e), bouleversé(e) ? Avez-vous aimé le plaisir des méthodes (Cf. p 86)

Page 17 : « […] Il faut apprendre à mentir encore […] notre inconsistance ». Fabriquez des sujets de rédaction que vous avez envie de traiter / que vous n’avez surtout pas envie de traiter. Vous pouvez, ou non, justifier votre choix en montrant ce qui vous rend ces sujets possibles, ou impossibles.

Récit plus long

Racontez le moment de l’interrogation écrite. Vous pouvez partir de ce qui précède, ou de ce qui suit l’interrogation ; partir de l’échec ou de la réussite. Ce peut être un contrôle surprise ou prévu de longue date, dans une matière que vous aimez, ou pas.

Lecture à voix haute
Chapitre 2, p. 55-62 jusqu’à « De quoi est capable l’homme » p. 64-66.

Sur le premier mensonge, « non à un adulte » p. 74, le deuxième mensonge.
– Mettre l’accent sur les mots ou noms répétés : verbe savoir, elle, nous, Madame Durel, Madame Blacher.
– Travailler le redoublement des phrases et la variation.

« J’aime/J’aime pas », tiré du livre de Marie Desplechin, Lire est le propre de l’homme, l’école des loisirs, http://www.lirelire.org

« Je n’ai pas beaucoup d’affection pour les lecteurs en général, les grands lecteurs surtout. Je n’aime pas leurs manières péremptoires, leurs certitudes d’être au-dessus du commun, ces phrases satisfaites qu’ils ont pour parler d’eux-mêmes et de leurs inoubliables lectures, quand ils étaient tout petits déjà et qu’ils lisaient Chateaubriand et Flaubert, et tout ce qu’ils ont lu depuis, le crayon à la main, et toutes ces études formidables qu’ils ont faites par la suite et grâce auxquelles ils sont devenus des personnes si intéressantes et avisées, et puissantes. Oh, mon Dieu. Je n’aime pas les lecteurs qui se situent du côté du manche, ceux qui font la police dans les bibliothèques, les intellectuels de gouvernement, les dispensateurs nationaux du sens, les généraux tortionnaires. Je ne peux pas croire qu’ils aient été des lecteurs dans leur enfance, ils ont dû oublier, et encore, cette enfance, ils ne l’ont pas habitée très longtemps.

Mais je me sens proche de ceux qui se sont perdus dans la lecture comme dans une forêt han­tée. Ils ont emprunté des chemins qui ne menaient nulle part. Ils ont ouvert leur sentier tout seuls, avec un Opinel, au risque des mauvaises rencontres, au risque de se faire peur ou de se faire mal, au risque même de tourner en rond. Ils ont découvert des ruisseaux et des rivières, des précipices, des clairières, des prairies et des trouées sur le ciel. Ceux-là, quand ils parlent de leurs lectures, ont une manière singulière de le faire : les mots qu’ils utilisent sont les leurs, et ils se fichent bien que tout le monde lise qui ils lisent, que tout le monde aime qui ils aiment, ils veulent bien être tout seuls, ils ont même quelque chose d’un peu jaloux. Partager ses amours avec n’importe qui, c’est à vous dégoûter d’aimer.

J’aime la collégienne qui lit tout ce qui lui tombe sous la main et qui fait le désespoir du conseil de classe. (« Elle ne s’intéresse à rien, elle ne fournit aucun effort. ») J’aime le grand gamin qui vient de lire son premier livre et qui n’en revient pas de l’avoir lu en entier et d’y trouver un tel plaisir. (« Madame, je l’ai fini et tout de suite je l’ai recommencé. ») J’aime le dandysme un peu las de l’une et la joie éclatante de l’autre. J’aime la lycéenne évaporée pour qui je pille le rayon poches de la librairie, en vacances, et qui m’envoie des SMS à chaque livre qu’elle termine, parfois deux par jour, c’est insensé. J’aime le tout petit enfant qui récite son album préféré, au fur et à mesure que je tourne les pages, il a retenu jusqu’aux virgules. J’aime le bébé qui essaie furieusement d’entrer dans le livre cartonné en poussant les pieds dans la reliure. J’aime mon fils qui refuse d’ouvrir un livre parce que lui qui peut voir sans ciller n’importe quelle horreur sur un écran sanglote à la fin du Lion, à la fin de La Rencontre, au milieu des Malheurs de Sophie, aux deux tiers de Oh, boy !. J’aime mon fils quand il lit la Rubrique-à-brac, que j’ai lue à son âge. J’aime mon grand fils quand il lit les Métamorphoses, ou L’Univers, les dieux, les hommes racontés par Vernant, lentement, calmement, allongé dans un canapé. J’aime ma fille quand elle lit « Cœur Grenadine », Barbara Cartland, Jane Austen, Edith Wharton, et finit par déclarer, perplexe, qu’elle ne comprend pas qu’on tombe amoureux. J’aime l’amie qui a trouvé son premier roman sur une poubelle et n’a cessé depuis de lire. J’aime les gens qui empruntent les livres, ceux qui fréquentent les bibliothèques, et ceux qui vénèrent des graphomanes que le monde a oubliés. J’aime les enfants quand ils lisent, les grands, les très grands enfants aussi, et même les vieux enfants.

Je crois que je n’aime pas beaucoup que la lecture soit cette Vertu publique dont on peut tirer de la gloriole et des profits orthographiques ou sociaux, ni ce mausolée muet dans lequel on précipite de force et comme au hasard des collégiens rétifs et qui n’y comprennent rien. Je crois que je voudrais toujours qu’elle soit un vice privé, un chemin de traverse, une échappée belle et que chacun lise pour soi, contre le monde. Je crois même que nous devrions avoir l’ambition politique d’inviter autour de nous au repli, au retrait du monde, à la désobéissance aux canons, à la solitude et à l’égoïsme enfantin de la lecture. Il me semble que rien ne prépare mieux à tenir tête (à la meute, à la peur, à l’autorité, à l’existence même) que l’expérience solitaire de la liberté, et, franchement, quel meilleur champ d’exercice, plus vaste, plus divers, plus sauvage, plus scandaleusement personnel, que la lecture ? »


L’École des lettres est une revue indépendante éditée par l’école des loisirs. Certains articles sont en accès libre, d’autres comme les séquences pédagogiques sont accessibles aux abonnés.

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Norbert Czarny