« On ne s’en fait pas à Paris », de Boris Moissard & Philippe Dumas. Un éditeur à livre ouvert

Les plus belles idées ont-elles toujours un crépuscule, les plus belles histoires une fin de carrière ? Quand on sent que ça se crispe à _Charlie Hebdo_, on est, en tout état de cause, enclin à s’inquiéter… Fatalité des idées trop belles, des démarches trop singulières, des amitiés trop fécondes ? Heureusement, toutefois, qu’il est des exceptions qui confirment la règle. L’aventure de _l’école des loisirs_ en est sans doute une qui méritait d’être contée, tout en évitant l’académisme de l’éloge car, après tout, le credo des fondateurs, Jean Fabre, Jean Delas et Arthur Hubschmid, était du côté de l’enfance et de son insouciance créatrice. Voilà qui est rassurant : une maison d’édition indépendante, ne renonçant jamais à être un label de qualité en défendant les bons livres et les bons auteurs. Une maison d’édition, chose rare, toujours debout et fidèle à ses idéaux originels. Oui, ceux auxquels pas grand monde ne croyait au début, quand tout a commencé, à l’époque où l’Hexagone se clivait dans une géométrie réactionnaire. Ces idéaux ? Parler à l’enfance intelligente, l’enfance qui rêve, l’enfance qui aime qu’on s’adresse à elle sans mièvrerie, l’enfance de Prévert, en somme. Mais ça fait tout de même un demi-siècle qu’elle dure, cette plaisanterie militante ! Il était donc justifié de raconter cette aventure à la manière d’un conte dédié aux livres en liant, comme il se devait, texte et images. Une entreprise à laquelle se sont attachés avec bonheur Boris Moissard et Philippe Dumas dans On ne s’en fait pas à Paris.
Niveau(x) d'études :
Tous niveaux
Programmes :
littérature de jeunesse
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