« Retour aux sommaires

Des « Grandes espérances »
à la trilogie des « Malo de Lange »,
Marie-Aude Murail réinvente Dickens

Comment j’ai osé adapter Dickens

par Marie-Aude Murail

Après être tombée amoureuse de Dickens et de son œuvre à l’âge tendre de seize ans, je me suis assez vite aperçue que des gens, qui prétendaient l’aimer, osaient le critiquer. Dans des notes de bas de pages, des préfaces et des postfaces, ils signalaient des longueurs, lourdeurs, répétitions, digressions, outrances, etc. J’étais très mécontente. Quand on aime quelqu’un, on l’aime avec ses défauts. Puis j’ai vieilli, « j’ai toujours lu Dickens et relu sans aucune fatigue », comme l’écrit le philosophe Alain dans sa préface à Notre ami commun, mais je pratiquais désormais ce sport des lecteurs aguerris, le saut de pages.

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Malo de Lange, fils de voleur et frère d’Olivier Twist –  une histoire de filiation

par Laurence Sieuzac

En intitulant son ouvrage Malo de Lange, fils de voleur, Marie-Aude Murail l’a placé sous le double signe de l’antithèse et de la filiation. En effet, le radical du prénom, « mal », s’oppose au complément de détermination « de Lange » ; cet oxymore insiste sur la curieuse identité d’un héros présumé fils de voleur et qui se révèle, à la fin du roman, être celui d’un inspecteur de la Sûreté. La trame du récit initiatique répond à une quête identitaire du personnage-narrateur, qui est orphelin de père et de mère. Elle rappelle celle qui fonde Olivier Twist et, plus largement, la problématique du bien et du mal qui sous-tend toute l’œuvre de Charles Dickens. Nous retrouvons, dans les deux romans, la même réflexion sur la dualité de la nature humaine, la même trajectoire de l’ombre à la lumière et le même optimisme final.

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« Malo de Lange et le fils du roi ». Au service de Sa Majesté !

par Laurence Sieuzac

Malo de Lange et le fils du roi est le troisième opus d’une série qui prend son rythme de croisière et, comme le souligne le titre, ses quartiers de noblesse... Ce roman fait partie des Lectures pour les collégiens recommandées par le ministère de l’Éducation nationale pour la rentrée 2012.
Dans le précédent ouvrage, Malo de Lange, fils de Personne (« Neuf », L’École des loisirs, 2011), la couleur romanesque s’était quelque peu assombrie avec les deux séjours de Malo en prison, d’abord au bagne de Brest, puis à Bicêtre.
Dans ce troisième volume, Marie-Aude Murail croise des sous-genres romanesques – le récit policier avec l’affaire des chiens volés, le roman d’apprentissage sur le thème de la filiation, et le roman historique avec le complot des Œillets blancs, qui ravive les légendes autour du dauphin Louis XVII, mort au Temple.

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Aux sources de la trilogie des « Malo de Lange », de Marie-Aude Murail

par Alexandra Pulliat

La trilogie des « Malo » – on peut l’appeler ainsi depuis la parution, début 2012, du troisième volume intitulé Malo de Lange et le fils du roi – offre l’occasion rare d’aborder « autrement » la littérature romanesque du XIXe siècle.
La problématique de l’entrée dans les grands textes du patrimoine littéraire se pose nécessairement avec des classes de quatrième aux niveaux scolaires souvent hétérogènes et aux goûts fort éloignés de la littérature classique. Entrer dans les textes du xixe siècle peut vite présenter des obstacles insurmontables pour des élèves en grande difficulté avec la langue. Mais renoncer à leur faire lire les fleurons de notre patrimoine littéraire serait faillir aux Instructions officielles comme à notre mission humaniste.

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Pour une École supérieure du professorat et de l’éducation

par Pascal Caglar

- Mai 2011 – Pôle emploi recherche des candidats à l’enseignement. L’opération est un succès. Les demandes affluent.
- Juin 2011 – les CAPES rendent leur verdict. Reflux de candidats. Des centaines de postes ne sont pas pourvus.

En mai, des gens non formés mais demandeurs ; en juin, des gens préparés mais recalés. Ici, un nombre croissant d’intéressés ; là, une érosion des candidatures.
Où est la logique quand, d’un côté, une absence de formation crée un désir de formation et, de l’autre, un master enseignement crée un rejet des concours de recrutement ?

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Le blog de « l’École des lettres »

sommaire n°7-8 2011-2012