« Retour au sommaires

Sommaire n°3, 2013-2014

« Le Horla », de Guy de Maupassant à Guillaume Sorel

« Le Horla » de Maupassant par Guillaume Sorel, aux éditions Rue de Sèvres, un nouveau mode d’expression du fantastique

par Yves Stalloni

Pour les jeunes générations, nourries à la culture de l’image et du numérique, on conviendra que les médias visuels ont un pouvoir de séduction supérieur à celui de l’écriture. Le lieu n’est pas de regretter une telle préférence ou de s’interroger sur les modifications de perception qui en découlent, mais de tirer profit de cet avantage pour favoriser une entrée en littérature, certes moins académique, mais susceptible de gagner de futurs lecteurs.

C’est ce que l’on peut espérer de la belle adaptation de Guillaume Sorel, une lecture graphique qui sert le texte et permet de le redécouvrir.

Lire la suite

« Le Horla » de Maupassant par Guillaume Sorel, une adaptation inspirée

par Marie-Hélène Giannoni

Guillaume Sorel, qui signe là son nouvel album, après une œuvre déjà riche dans le domaine du scénario et du dessin, s’attaque à un récit dont la thématique semblait faite pour lui. En effet, cet auteur de bandes dessinées au talent confirmé, grand amateur de la littérature du XIXe siècle, est un familier des univers fantastiques et oniriques où le mystère le dispute souvent à l’effroi et à la folie.

L’une des difficultés dans l’adaptation du Horla en bandes dessinées consiste à rendre la tension psychologique du personnage, qui occupe quasiment à lui seul tout l’espace physique et mental du récit. La force du découpage de Guillaume Sorel réside dans la montée progressive du fantastique ou de la folie, les deux options restant envisageables, comme dans la nouvelle de Maupassant.

La bande dessinée est ici bien plus qu’une adaptation du Horla et l’on trouvera matière à poursuivre analyses et réflexions dans les classes de collège et de lycée, où la lecture de l’album pourra être donnée en complément à l’étude d’un roman de Maupassant.

Lire la suite

Entretien avec Guillaume Sorel

Réalisé en décembre 2013, alors que Guillaume Sorel achevait les dernières planches du « Horla », cet entretien permet de retracer les étapes de l’élaboration de l’album et la démarche adoptée par son auteur.

Lire la suite 2,7 Mo

« Le Horla », de Maupassant, un texte-miroir

par Anne-Marie Baron

Lorsqu’en 1887 Maupassant publie chez Ollendorff le recueil intitulé Le Horla, malgré des migraines et des troubles oculaires, il est en bonne santé et au faîte de sa gloire. Pourtant, la critique biographique a longtemps expliqué le journal d’une hallucination qui donne son titre à ce recueil par le destin de l’homme qui devait mourir fou à quarante-trois ans dans la clinique du docteur Blanche.

Certes, l’auteur de Bel-Ami est depuis longtemps hanté par la crainte de la folie. Une syphilis, contractée dans sa jeunesse, lui a laissé des troubles, que la médecine de l’époque attribue tantôt à une affection vénérienne, tantôt à une névrose héréditaire. Mais Maupassant est surtout passionné, comme beaucoup de ses contemporains, par le magnétisme et les travaux de Charcot, dont il voit immédiatement la possible exploitation littéraire.

Car le fantastique, tel qu’il le conçoit depuis ses premiers écrits, ne saurait se passer d’une justification rationaliste par la psychopathologie. Les contes fantastiques de Maupassant témoignent donc tous d’une tentative d’explication rationnelle de l’irrationnel, qui passe par l’analyse clinique.

Lire la suite

Maupassant et son double

par Jacques Bienvenu

Guy de Maupassant est mort fou le 6 juillet 1893. Il était interné à l’asile du docteur Blanche, à Passy, depuis le 7 janvier 1892 ; quelques jours auparavant, il avait tenté de se suicider en se tranchant la gorge.

Dans sa nouvelle fantastique la plus connue, Le Horla, Maupassant analyse pas à pas un cas d’aliénation qui semble préfigurer, des années plus tôt, son propre destin. Sans doute ce fait a-t-il contribué à créer un mythe autour de l’écrivain. Maupassant était-il fou en écrivant cette nouvelle, ou bien a-t-il vu venir en toute conscience sa folie ? ou bien encore ce texte est-il de pure fantaisie, comme le prétendait sa mère ?

L’étude du double chez Maupassant pose a priori de sérieuses difficultés. L’auteur du Horla a-t-il développé un thème cher aux romantiques allemands dans un dessein purement littéraire, ou bien a-t-il réellement vécu cette situation, comme le laissent supposer certains éléments biographiques ? Quelle est la place du Horla dans cette problématique ? Est-il vraiment question de double dans cette nouvelle fantastique ? La maladie de Maupassant a-t-elle joué un rôle déterminant à ce propos ? Alberto Savinio a-t-il vu juste quand il pensait que Maupassant était habité par un autre écrivain ? Toutes ces questions peuvent trouver une réponse satisfaisante aujourd’hui, mais, avant toute considération, c’est l’œuvre qui doit parler.

Lire la suite

Portrait de Maupassant

par Joris Karl Huysmans

« Un jeune homme si franc d’allure, si bon garçon et si gai. »

Lire la suite