« Retour aux sommaires

« Nous, notre Histoire », d’Yvan Pommaux & Christophe Ylla-Somers

Un auteur d’albums pour la jeunesse s’attaque à l’histoire du monde, par Anne-Marie Petitjean.

Projet pharaonique – Yvan Pommaux s’attaque à l’histoire du monde. Son œuvre comptait déjà quelques sauts de la petite à la grande Histoire ; le voici prenant à bras-le-corps le défi de l’« histoire globale », en un album spectaculaire, aussi beau que grand.
Le trajet n’est pas commun et intéresse particulièrement le professeur soucieux de faire lire à ses élèves des récits qui ne trahissent pas son souci d’éducateur.
Il est défini dès le premier mot du titre – Nous, notre Histoire. Il s’agit donc de nous raconter nous, les hommes d’une même planète, embarqués dans une histoire commune depuis les origines.
Le regard part de la Terre en formation, passe d’une carte à un paysage, revient à la rotondité de la planète en point final…

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Entretien avec Yvan Pommaux

Comment raconter une histoire globale, à la fois chronologique et comparative, aux enfants d’aujourd’hui ?

Je n’attaque jamais un livre avec l’idée d’un message à transmettre, sinon c’est le ratage assuré ! Je ne sais pourquoi j’ai fait un livre que longtemps après sa parution. Il faut que mon instinct et mon intuition me chuchotent que je suis peut-être sur la bonne voie, voie sur laquelle je m’engage donc de façon assez incertaine. ``` Mais, dans mes livres passés, on voit bien que je m’intéresse aux origines, à l’évolution. En effet, j’ai souvent dessiné la Terre en coupe, avec des strates successives, depuis la préhistoire jusqu’à l’époque moderne.

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« Le Château des étoiles », d’Alex Alice

Une bande dessinée façon space opera, par Marie-Hélène Giannoni.

Alex Alice, après ses deux séries à succès, Le Troisième Testament et Siegfried, signe aux éditions Rue de Sèvres une nouvelle saga au souffle épique qui emmène son lecteur à la conquête de l’espace, dans un XIXe siècle revisité.
1868. Claire Dulac, une scientifique au tempérament aventureux s’élance dans les airs à bord d’une montgolfière afin de trouver l’éther, une substance capable de propulser des engins dans l’espace. Un an plus tard, le mari de Claire et son jeune fils, Séraphin, sont sans nouvelles de cette dernière et sont mystérieusement invités à se rendre en Bavière afin de prendre connaissance du carnet de bord de Claire Dulac, qui y a été retrouvé.
Après avoir échappé de peu à une tentative d’enlèvement par des Prussiens, ils font la connaissance de Ludwig, roi de Bavière, qui tente de résister à l’hégémonie de l’Empire allemand par tous les moyens, dont la maîtrise de ce fameux éther…

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« Moby Dick », d’Herman Melville (I)

L’étude d’un des plus grands romans jamais écrits proposée aux classes de quatrième, par Stéphane Labbe.

Moby Dick, l’un « des plus grands romans jamais écrits », si l’on en croit Dominique Fernandez, a tous les travers susceptibles de rebuter le jeune lecteur – dans sa version intégrale, le roman dépasse les sept cents pages et multiplie digressions, passages didactiques et considérations métaphysiques autour d’un fil narratif assez mince puisqu’il ne s’agit, après tout, que d’une chasse à la baleine, d’une vengeance qui prend, certes, des proportions cosmiques, mais qui peut décourager le lecteur en mal d’aventures.
La séquence qui suit porte sur une version abrégée de Moby Dick et n’a d’autre ambition que de conduire les élèves à goûter cette œuvre qui compte parmi celles contre lesquelles il faut parfois se battre un peu pour se hisser à leur niveau. Son étude conviendra aux classes de quatrième puisque le programme les invite à étudier le XIXe siècle.
Notre suggérons une approche thématique du roman qui consiste, au cours de chaque séance, à mettre en relief l’un de ses aspects – roman d’aventures, roman philosophique, roman poétique... Moby Dick est tout cela et bien plus encore.

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« Moby Dick », d’Herman Melville (II)

Prolongements de l’éude de Moby Dick, d’Herman Mellville – composition du roman, florilège de citations, bibliographie, par Stéphane Labbe

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« Pierre contre ciseaux », d’Inés Garland

Un roman d’apprentissage – le parcours d’une adolescente et son passage à l’âge adulte sous la dictature militaire en Argentine, par Norbert Czarny

Ce roman suggère; nous nous garderons donc de trop en dire, sauf pour éclairer de jeunes lecteurs qui n’ont jamais entendu parler de la « guerre sale » qui dura sept ans en Argentine, entre 1976 et 1983.
Cette proposition n’est pas exclusive. Elle a seulement le mérite de rendre la lecture créatrice, de faire du lecteur un acteur. Mais on peut, de façon classique, lire ce roman en prenant appui sur les passages indiqués, voire les proposer comme des pistes à commenter, les problématiser.
Ce roman garde bien des secrets et laisse au lecteur le soin d’interpréter. Les adolescents pourront y trouver de quoi nourrir leur réflexion et le goût de la littérature. Car ce roman est beau... Son succès outre-Rhin lui vaut d’ailleurs d’être sélectionné pour le Prix allemand de littérature de jeunesse 2014 qui sera remis le 10 octobre prochain à la Foire du livre de Francfort.

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L’Amérique latine entre dépendances et dictatures

Rappels historiques sur l’Amérique latine et l’Argentine contemporaines, par Tramor Quemeneur.

En Argentine, les principaux dirigeants de la junte militaire qui a sévi de 1976 à 1983, ont été jugés en 1985, mais les faits commis sous la dictature sont amnistiés dès 1986 (« punto final »). La question des disparus et de la condamnation des criminels reste cependant très prégnante dans les mémoires latino-américaines et argentines. Pour preuve, les Mères de la place de Mai y tournent encore chaque semaine, depuis 1977.

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« La Cour de Babel » – entretien avec la réalisatrice Julie Bertuccelli

Un documentaire qui montre en action le système d’apprentissage du français aux jeunes immigrants, par Antony Soron

Julie Bertuccelli, la réalisatrice de La Cour de Babel, a accordé à l’École des lettres un entretien téléphonique dont le présent article restitue les grandes lignes... Nous avons pu découvrir, derrière la documentariste de talent, une vraie personnalité, engagée, aussi spontanée que déterminée, qui n’a pas choisi de filmer à hauteur d’enfants simplement parce que les films sur l’école sont à la mode, mais bien parce que la structure des classes d’accueil en collège lui est apparue comme une vraie révélation... dont toutes les classes – c’est en tout cas son message implicite – pourraient tirer profit.

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L’épreuve de reconnaissance des acquis de l’expérience professionnelle

Réflexions et conseils d’un IA-IPR, par Jean-Philippe Taboulot

Dans le cadre d’inspections en classes, d’entretiens individualisés ou plus collectifs, de réunions pédagogiques ou encore d’animations de groupes de travail, un inspecteur pédagogique régional de Lettres a très souvent l’occasion de lire des documents professionnels confectionnés par des enseignants de sa discipline.
Ces supports, censés refléter le travail effectif de l’enseignant et certaines de ses pratiques de classe, sont souvent fort intéressants, non en ce qu’ils permettent une sorte de « contrôle » des actes pédagogiques mais plutôt dans la mesure où ils renseignent sur une certaine conception de l’enseignement du français et reflètent des représentations du métier.
Souvent, ils provoquent d’abord un questionnement pédagogique et / ou didactique chez l’inspecteur qui les consulte. Puis, discutés et interrogés dans le cadre de l’entretien, ils deviennent des outils précieux pour enclencher un regard réflexif, pour faire opérer une souple remise en cause, pour bousculer des façons de faire qui se sont naturalisées, pour faire vaciller quelques habitudes ou certitudes.

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« Guy Debord », d’Andrew Hussey

La biographie de l’énigmatique fondateur de l’Internationale situationniste, par Frédéric Palierne

Des années de l’immédiat après-guerre jusqu’à sa mort en 1994, Andrew Hussey suit le parcours de Guy Debord et restitue, à travers sa figure, son engagement et ses prises de position, une part non négligeable de l’histoire intellectuelle de l’époque.
Procédant de façon méthodique, par période de deux ans, mais sans jamais renoncer à son style de biographe – à la manière d’un Hitchcock, on le croise çà et là, lorsqu’il nous décrit un entretien, son interlocuteur, le cadre –, Hussey donne à voir précisément comment s’est constituée la doctrine situationniste qui devait jouer un rôle aussi important que caché dans les événements de Mai 68.
Lorsqu’il évoque l’Internationale lettriste d’abord, puis situationniste, il met en évidence le goût de Guy Debord pour le jeu, la stratégie et le contrôle, son parcours machiavélique, au sens propre du terme.
À travers les séries successives d’exclusions des membres du groupe, on voit se dessiner le portrait d’un chef, parfois obligé aux acrobaties idéologiques, mais qui n’en mène pas moins ses troupes souvent interlopes aux portes de la révolution.

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Attention ! Travaux à suivre – Ozer

Feuilleton – une approche nouvelle de l’écriture imaginée par un groupe de formateurs sous l’égide de Zola, par Françoise Gomez et Olivier Lumbroso

Un groupe de formateurs de l’académie de Paris, animé par Françoise Gomez, IAIPR de Lettres, travaille depuis un an avec un universitaire spécialiste de Zola, Olivier Lumbroso (Paris 3), et avec Jean-Sébastien Macke, websmestre du site Archiz (ITEMCNRS), site de ressources officiel portant sur l’œuvre et la critique zoliennes.
Leurs travaux puisent dans l’oeuvre littéraire et sa genèse le modèle cognitif d’une approche novatrice de l’écriture, directement offerte à l’élève. Cette aventure en cours vous sera racontée cette année dans les colonnes de l’École des lettres en un feuilleton pédagogique, concret et illustré d’exemples.

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Français langue étrangère – le Cavilam-Alliance française de Vichy

3 000 étudiants et professeurs venus de l’étranger, avec le français en partage, par Jean-René Bourrel

Chaque été, le Cavilam (Centre d’approches vivantes des langues et des médias) - Alliance française de Vichy accueille près de trois mille étudiants en français et professeur s de français venus de l’étranger pour se perfectionner en didactique du Français langue étrangère et approfondir ou actualiser leurs connaissances de la société française, de sa culture et, plus largement, des cultures ayant « le français en partage ».
C’est ainsi qu’au cours du mois de juillet 2014 un groupe de travail réunissant de jeunes étudiants a été amené à réfléchir et à s’inter roger sur les droits de l’homme, sur la philosophie qui a présidé à leur élaboration, et sur l’effectivité de leur application.

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Des concours pour mobiliser vos classes dès la rentrée

L’École des lettres vous accompagne dans votre participation à cinq concours.

ÉCOLES – – L’imagier des dix mots. – Les petits artistes de la mémoire.

COLLÈGES ET LYCÉES – Le concours des dix mots. – Nouvelles avancées. – Le Concours national de la Résistance et de la déportation.

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Les sélections Supermax et Médium max pour les collégiens et les lycéens

« La lecture cursive est une lecture personnelle de l’élève \[...]. Pour cette raison, elle gagne à être recommandée par le professeur qui cherche à développer le goût de lire, en proposant un choix commenté d’œuvres accessibles. La littérature de jeunesse occupe une place naturelle dans ce choix d’oeuvres. Qu’elle revienne sur le passé ou qu’elle ouvre sur le monde d’aujourd’hui, elle contribue à l’acquisition d’une culture personnelle. Elle permet d’instaurer un dialogue avec les œuvres patrimoniales et elle facilite l’accès à la lecture des œuvres classiques. »

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« Groenland Manhattan », de Chloé Cruchaudet

Tristes Inuits ou l’histoire de Minik, l’Esquimau déraciné, par Marie-Hélène Giannoni

Chloé Cruchaudet, auteur de bandes dessinées au talent confirmé, comme l’atteste le succès de son dernier ouvrage, Mauvais genre, évoque dans son premier album, Groenland Manhattan, paru en 2008, la question de l’identité et du déracinement à travers le destin de Minik, un jeune Esquimau élevé à New York, faute de pouvoir retourner dans son pays.
Inspiré d’un fait réel datant de la fin du XIXe siècle, Groenland Manhattan, livre un récit d’apprentissage tout en nuances, à la fois drôle et tragique, qui interroge sur le fait d’être «humain», traduction littérale du mot « inuit ».

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« Les Filles de Cùchulainn », de Jean-François Chabas

Cùchulainn est un héros de la mythologie celtique irlandaise. Un titre à savourer en 4e pour prolonger l’étude du genre fantastique. par Stéphane Labbe

Jean-François Chabas figure parmi les auteurs recommandés sur la liste des «Lectures pour les collégiens », publiée par le ministère de l’Éducation nationale, pour L’Eau verte, un récit fantastique et poétique parfaitement adapté à la pratique de la lecture cursive en classe de quatrième.
Il en va de même de ce roman, Les Filles de Cùchulainn (prononcer « Kourouline »), publié à l’école des loisirs en 2013. On y retrouve avec plaisir la même tonalité fantastique, la même poésie liée à l’évocation de la terre et d’un passé ancestral.

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« Le Passage du diable », d’Anne Fine

Daniel Cunningham, le héros narrateur de ce roman gothique, constate – « J’ai toujours eu une drôle de vie. » Les trois cents pages qui suivent vont être consacrées à l’exposition de ce destin exceptionnel, par Stéphane Labbe

De la part de la créatrice de Madame Doubtfire et du Chat assassin, Le Passage du Diable est un roman surprenant, mais Anne Fine est aussi l’auteur de romans pour adultes qui explorent avec malice et impertinence les aspects sombres du psychisme humain et les travers de la société anglaise. Le Passage du Diable tient de l’un et de l’autre.

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« Jane Eyre », de Robert Stevenson

La réédition d’un film mythique réalisé en 1944, par Stéphane Labbe

Est-ce la fortune récente des romans brontëens au cinéma qui a motivé cette reprise? On ne peut, en tout cas, que se réjouir de cette réédition car le film, même s’il n’est pas un modèle de fidélité à la trame romanesque de Charlotte Brontë, repose sur une distribution exceptionnelle – Joan Fontaine, Orson Welles, Elizabeth Taylor, Peggy Ann Garner… – et constitue l’une des « perles du cinéma de Stevenson, cinéaste \[pourtant] banal », si l’on en croit Raymond Bellour dans l’un des suppléments du DVD.

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« La belle Dorothée » et l’abolition de l’esclavage

À propos d’un poème en prose du « Spleen de Paris », de Charles Baudelaire, par Jean-Michel Gouvard

« La belle Dorothée » est un poème singulier dans l’économie générale du Spleen de Paris, de Baudelaire. Le poète y dépeint longuement une jeune femme à la peau noire, dans un décor dont les motifs, la mer, le sable, l’azur, évoquent « les îles », c’est-à-dire les anciennes colonies françaises d’outre-mer, devenues depuis des territoires ou des départements – ce qui fait que cette pièce est la plus éloignée du « spleen parisien » auquel renvoie le titre du recueil.
Le « bal de l’Opéra » et les « belles dames de Paris » ne sont mentionnés, vers la fin du texte, que pour mieux souligner la candeur de la jeune femme, laquelle se demande si l’on peut aller au bal les pieds nus, ou « si les belles dames de Paris sont toutes plus belles qu’elle ».
Mais ces interrogations n’engendrent aucun « spleen », et ne prennent pas même la coloration négative que l’on trouve dans « À une Malabaraise », l’un des poèmes des Fleurs du mal, où, après avoir dépeint une femme noire qui ressemble beaucoup à la « belle Dorothée », le poète se demande – « Pourquoi, l’heureuse enfant, veux-tu voir notre France, / Ce pays trop peuplé que fauche la souffrance » ? et brode longuement sur ce thème.

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Ce que Flaubert nous dit de la genèse de « Madame Bovary » dans sa correspondance

par Philippe Labaune

Madame Bovary est au programme de littérature de terminale littéraire pour les deux années qui viennent. On a beaucoup écrit sur ce roman et les professeurs le connaissent bien. Cependant la perspective d’étude « Lire-écrire-publier » implique un travail en amont et en aval de l’œuvre. Comme l’indique le Bulletin officiel – « Le travail sur le domaine "lire-écrire-publier" invite les élèves « à une compréhension plus complète du fait littéraire, en les rendant sensibles, à partir d’une œuvre et pour contribuer à son interprétation, à son inscription dans un ensemble de relations qui intègrent les conditions de sa production comme celles de sa réception ou de sa diffusion. »

Le texte officiel précise l’importance d’étudier la genèse du texte – « Pour l’étude de Madame Bovary de Gustave Flaubert, le professeur privilégiera l’analyse de la genèse qui permet aux élèves de pénétrer dans le laboratoire de l’écrivain et de s'interroger sur le processus de création du roman. » et il renvoie à une source précieuse – « La correspondance de Flaubert avec ses contemporains, véritable essai sur l’art romanesque, permet de mieux comprendre la genèse du roman, révélant l’épreuve d’une écriture qui rompt avec le mythe de l’inspiration. »

Cet article propose une synthèse de ce que l’auteur de Madame Bovary nous dit de la genèse de son ouvrage dans sa correspondance autour de thématiques liées à l’écriture de l’œuvre – la difficulté d’écrire, le choix du sujet, la question de l’impersonnalité, la place de la recherche documentaire, la planification de l’écriture, le souci du style, le point de vue de l’auteur sur certains personnages. À partir de chaque thème recensé, on trouvera un commentaire synthétique, les pages précises des citations dans l’édition de référence du BO et des pistes d’exploitation pédagogiques.

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L’accompagnement personnalisé au service de l’argumentation en classe de seconde

Pour une première approche raisonnée de l’argumentation, par Marie-Claude Hibert

S’il vise l’efficacité, l’accompagnement personnalisé devrait permettre une continuité dans les apprentissages pour les élèves soucieux de progresser en français. Une première séquence ayant été consacrée à « une approche raisonnée de l’argumentation » par le biais de l’oral, une seconde séquence pourrait alors s’organiser autour de l’apprentissage méthodique de l’un des exercices écrits du baccalauréat, le commentaire littéraire.

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Les colliers d’esclaves. Conditions et lieux de vie de l’esclave romain à la lumière des sources épigraphiques

Une étude proposée dans le cadre de l’enseignement optionnel et d’exploration en classe de seconde – l’homme romain, par Émilie Nguyen

L’objectif de notre article est double –
• initier les élèves à l’épigraphie latine, ses méthodes, ses conventions de transcription, ses formulations récurrentes ;
• approfondir les connaissances sur la condition de l’esclave à Rome en plaçant les élèves en contact direct avec les realia que constituent les sources archéologiques et épigraphiques.
Celles-ci, loin d’entrer en concurrence avec les textes littéraires, les complètent ou leur apportent un nouvel éclairage en donnant la parole à une partie de la population modeste, sans être forcément illettrée, mais qui serait restée muette sans la découverte de ces vestiges et dont les grands textes parlent peu. Elles offrent également la possibilité d’arpenter quelques quartiers de Rome que nous sommes parfois capables d’identifier. Cette démarche répond aux objectifs énoncés dans le programme de Langues et cultures de l’Antiquité et à la nouvelle dynamique insufflée dans les enseignements d’exploration de la classe de seconde.

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Enquêtes de l’OCDE – Talis 2013

On connaissait les enquêtes PISA de l’OCDE évaluant les acquis des élèves, il va falloir maintenant connaître les enquêtes TALIS de la même OCDE, centrées désormais sur les enseignants et les chefs d’établissement, par Pascal Caglar

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« Bel-Ami », de Guy de Maupassant

par Laurence Sieuzac

Bel-Ami, roman de Maupassant qui parut tout d’abord en feuilleton dans Gil Blas (du 6 avril au 30 mars 1885), retrace la fulgurante ascension d’un « aventurier » de la Belle Époque. L’histoire se déroule entre le 28 juin 1880 et le 20 octobre 1882, sous la présidence de Jules Grévy (30 janvier 1879-2 décembre 1887).
La classe sociale triomphante est issue de la finance et des affaires ; elle pactise avec la presse qui, depuis la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, est devenue un support politique et financier. Le personnage du baron Walter est, dans le roman, une figuration de cette collaboration. Les agiotages provoqueront d’ailleurs le scandale du krach de l’Union Générale en 1882, évoqué par Émile Zola dans L’Argent.
Maupassant avait lui-même été journaliste pour Gil Blas, journal de centre gauche, mondain et boulevardier, mais aussi pour L’Écho de Paris, Le Figaro et La Revue des Deux Mondes.
Le roman de Maupassant est un condensé réaliste de la société de l’époque, brassant journalistes, financiers, politiciens, mais aussi aristocrates, parvenus, prostituées et paysans normands.

Sommaire n°1, 2014-2015