« Retour aux sommaires

L’actualité littéraire, culturelle et pédagogique
dans « l’École des lettres »

Soirée américaine en compagnie de Malika Ferdjoukh à l’occasion de la parution de « Broadway Limited »

par Olivier Bailly

« Pourquoi pas Broadway ? » se dit un jour Malika Ferdjoukh en sortant d’une émission de radio. Dans le studio l’animatrice lui répétait sans cesse, comme un leitmotiv – « Vous qui aimez les comédies musicales… » C’est ainsi qu’a germé l’idée de Broadway Limited, un roman qui décrit le monde du spectacle dans un New York d’après la Seconde Guerre mondiale plus vrai que nature.
En compagnie de son éditrice Geneviève Brisac, Malika Ferdjoukh a parlé de ce nouveau livre lundi 13 avril devant une assemblée, majoritairement féminine, de bibliothécaires et de libraires réunis à l’école des loisirs.

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Broadway Limited, de Malika Ferdjoukh. Talent… unlimited !

par Édith Revellat

Premier tome d’un diptyque en devenir intitulé Broadway Limited, ce « Dîner avec Cary Grant » est un roman délicieux et envoûtant dans lequel la magie opère dès les premières pages. Pour les nostalgiques de l’âge d’or d’Hollywood (ou pour quiconque, comme moi, a déjà eu l’occasion de lire, plus jeune, un roman de Malika Ferdjoukh), c’est, en outre, un livre d’une grande puissance évocatrice et à la saveur d’une véritable madeleine de Proust. Car l’une des particularités de la romancière est indéniablement son étonnante capacité à créer des atmosphères uniques dont elle a seule le secret. Broadway Limited ne déroge pas à la règle. En effet, dès le premier chapitre, elle met en place une ambiance ensorcelante, crépitante de jazz et saturée de références, qui nous projette avec brio dans le Broadway des années 1940 !

Avec ce titre, on retrouve donc avec plaisir les ingrédients qui font le succès et la marque de fabrique de ses romans. À l’instar de la bulle hors du temps que constituaient la Vill’Hervé et ses habitantes dans sa précédente saga, Quatre soeurs, la pension Giboulée et ses résidents forment une petite communauté particulièrement attachante. Une fois encore, Malika Ferdjoukh insuffle à son intrigue et à ses personnages ce supplément d’âme qui rend son œuvre unique et son univers envoûtant.

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La série des « Pozzis », de Brigitte Smadja, illustrée par Alan Mets. Un monde où tout est pozzible…

par Maya Michalon

Brigitte Smadja a décidé un jour de tenter une expédition vers les territoires du merveilleux, ceux où tout est permis, après avoir longtemps arpenté ceux du réalisme. De sa complicité avec Alan Mets, au dessin coloré et si vivant, est né un nouveau monde, celui des Pozzis. Nous y pénétrons, invités par Abel, dont le prénom biblique et l’initiale suggèrent des temps nouveaux. Le tome I endosse la promesse d’une histoire qui va durer, se compliquer, se développer… À l’heure où paraissent les deux derniers épisodes de la série, explorons cet univers étrange, drôle et mystérieux.

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2015 – 750e anniversaire de la naissance de Dante Alighieri. Un personnage mythique

par Yves Stalloni

Près de cinq cents institutions par le monde ont choisi de s’appeler « Società Dante Alighieri ». Elles se proposent de promouvoir la langue et la culture italiennes et sont présentes en de multiples lieux et depuis plus de cent ans. Plutôt que s’en tenir à une appellation neutre du style « Centre culturel italien », ces « società » ont souhaité prendre pour nom celui du meilleur représentant de la littérature et de la pensée italiennes, Dante Alighieri.

L’Italie s’identifie à Dante. La France, qui possède de nombreux écrivains de prestige, ne parvient pas à s’incarner de la même façon dans un seul auteur. Même si l’on parle parfois de la « langue de Molière », du « pays de Montaigne » ou du « siècle de Victor Hugo ». L’Angleterre pourrait avoir Shakespeare, l’Allemagne Goethe, l’un et l’autre importants, mais moins fondateurs.

Pour l’Italie, aucune hésitation: le pays s’identifie à Dante. Le prénom suffit, signe de familiarité, d’intimité même, un prénom propre à l’italien, qui s’interprète de deux façons: dans un premier sens, « celui qui donne », du verbe dare (donner); et, dans une autre direction, l’abréviation de Durante, « celui qui endure » ou encore « celui qui dure ».

Les deux, voire les trois, acceptions conviennent à l’auteur de La Divina Commedia. Il a donné à l’Italie un poème immortel écrit dans la langue qui allait devenir l’idiome national ; il a aussi enduré des épreuves, sentimentales d’abord, avec son amour inabouti pour Béatrice ; politiques ensuite, par l’expérience du bannissement et de l’exil ; enfin, il s’inscrit dans la durée, étant devenu aussi éternel qu’universel. Aux premières lignes de la biographie qu’elle lui a consacrée (Dante, une vie, Flammarion, 1995), l’une des meilleures spécialistes du poète, Jacqueline Risset, n’hésite pas à écrire: « Dante est un personnage mythique. »

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« Le Roman de Merlin », de Robert de Boron. Une nouvelle traduction pour étudier l’Enchanteur en cinquième

par Jean-Pierre Tusseau

L’étude d’un roman de chevalerie figure au programme de l’enseignement du français en classe de cinquième. Le Roman de Merlin permet d’aborder le sujet d’une manière originale. En effet, s’il montre bien l’univers de la chevalerie, notamment l’autorité du souverain et les relations de vassalité, il nous entraîne aussi dans un univers fantastique où les démons se donnent beaucoup de mal pour tenter d’intervenir sur terre.

Il nous fait aussi découvrir un personnage central de l’univers chevaleresque, le roi Arthur, depuis sa conception (dans des conditions complexes et qui n’auraient pas été possibles sans l’intervention de Merlin) jusqu’à son couronnement. Enfin, au centre de l’œuvre, on suivra avec intérêt le parcours fantastique et religieux de l’enchanteur Merlin, ce fils du diable, voué à la perdition des humains, qui se révèle finalement leur allié bienveillant, non sans s’autoriser au passage quelques entorses à la morale afin, par exemple, de favoriser les amours illégitimes du roi Uterpandragon.

Merlin, qui se montre parfois plus facétieux que moralisateur, nous fait souvent sourire. Le personnage et l’oeuvre devraient séduire les élèves.

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« Manderley for ever », de Tatiana de Rosnay. Au plus près de Daphné du Maurier

par Sarah Sauquet

« J’ai rêvé la nuit dernière que je retournais à Manderley. » C’est sur cette phrase que s’ouvre Rebecca, le roman culte de Daphné du Maurier, superbement adapté par Alfred Hitchcock en 1940 et qui suscite, aujourd’hui encore, de nombreuses interrogations et une fascination certaine. Alors que l’ouvrage ressort dans la toute nouvelle et ambitieuse traduction d’Anouk Neuhoff (Albin Michel, février 2015), Tatiana de Rosnay vient de consacrer à son écrivain fétiche une biographie plus que réussie et qui rencontre un vrai succès de librairie, Manderley for ever (Albin Michel / Héloïse d’Ormesson, 2015).

Une façon de boucler la boucle, de rendre hommage à un auteur qui lui a tant apporté et avec qui elle partage de nombreux points communs. Dame Daphné du Maurier est donc à la mode, et ce n’est pas l’auteur d’Elle s’appelait Sarah qui s’en plaindrait. Interview!

Sarah Sauquet, pour L’École des lettres. – Nous nous sommes rencontrées il y a deux ans 1. Vous m’aviez alors cité cette phrase de William Boyd – « Il y a deux catégories d’écrivains. Il y a les écrivains qui parlent d’eux-mêmes. Et ceux qui racontent une histoire. » Pouvez-vous me confirmer que Daphné du Maurier appartient à la seconde catégorie… ou est-ce plus compliqué ?

Tatiana de Rosnay. – C’est plus compliqué – je me rends compte aujourd’hui qu’il y a des auteurs qui, sans jamais parler d’eux-mêmes, y parviennent quand même en racontant une histoire. Pourtant, Daphné du Maurier n’appartient certainement pas à la première catégorie, dans le sens où elle n’a jamais publié d’autofiction, de livres comme ceux que peuvent écrire Frédéric Beigbeder, Christine Angot, ou même Lionel Duroy, par exemple. Elle n’a jamais parlé d’elle, sauf dans ses Mémoires. Elle appartient donc à la catégorie des écrivains qui racontent…

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« Soumission », de Michel Houellebecq. Un roman orientaliste ?

par Jérôme Bloch

On a dit et écrit tout et son contraire en France sur le dernier roman de Michel Houellebecq, Soumission, sorti le 7 janvier 2015, le premier jour des attentats parisiens, avec des confusions fréquentes entre narrateur et auteur, entre points de vue des personnages et point de vue de l’écrivain, entre un billet politique et un livre de politique-fiction. De plus, à partir de cette date, les circonstances tragiques de la sortie du livre ont déformé les analyses et les jugements.

La meilleure critique paraissait justement dans Charlie Hebdo du 7 janvier, sous la plume de Bernard Maris. Dans le massacre de cette fin de matinée, dont il fut l’une des premières victimes, ce dernier texte de l’économiste, ami et spécialiste de l’écrivain, est presque passé inaperçu. Le nom du protagoniste du roman, « François », n’est pas là par hasard. C’est le destin d’un « Français » comme un autre (à côté des autres « François » mis en scène ici – François Mitterrand, François Hollande et François Bayrou), ainsi que le suggère la quatrième de couverture, très distanciée et presque terne, qui annonce la tonalité d’un livre où coexistent « les intuitions poétiques, les effets comiques, une mélancolie fataliste ».

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« Taxi Téhéran », de Jafar Panahi. Ours d’or à la Berlinale 2015

par Jean-Marie Samocki

Le sort de Jafar Panahi est bien connu en Occident: le cinéaste iranien a été condamné par les autorités à l’interdiction de sortir de son pays et de tourner. Lorsque Taxi Téhéran a reçu l’Ours d’or au Festival de Berlin en février 2015, il n’a pu aller en personne chercher son prix, et c’est sa nièce, Hana Saeidi, que l’on voit dans le film, qui a brandi la récompense, symbole de combat et d’espoir.

Jafar Panahi, figure de contestation et de résistance Panahi ne s’est pourtant pas résigné à ne pas tourner. Après Ceci n’est pas un film et Closed Curtain, Taxi Téhéran est son troisième film depuis sa condamnation. Ces faits sont forcément connus du spectateur, et même s’il ne les appréhende pas précisément, il lui est difficile d’ignorer la figure qu’est devenu Panahi, alliant contestation et résistance.

Il a décidé de rester en Iran, de ne pas s’exiler, et c’est depuis l’Iran qu’il s’efforce d’exister comme cinéaste alors même que les conditions matérielles de réalisation et de production lui sont pratiquement inaccessibles.

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Les vrais enjeux de la réforme du collège. Rien n’est pire que l’immobilisme

par Pascal Caglar

Effarant ! La mobilisation, désormais politique, contre la réforme du collège, autour des langues anciennes et des classes bilangues, est selon nous une injure aux véritables enjeux éducatifs en France, une insulte aux sans-voix, aux petits, aux classes populaires, aux élèves en difficulté, aux jeunes en voie de déscolarisation, à celles et ceux qui avaient de justes raisons d’espérer dans cette réforme du collège une nécessaire amélioration de leur condition d’accès à la réussite scolaire et qui voient cette même réforme confisquée, détournée, désaxée par le mécontentement des alliés traditionnels des milieux favorisés qui savent pousser leurs enfants vers les filières ou options discriminantes.

Effarant! Comme si aujourd’hui l’immense population des collèges de France était concernée par les nouveaux dosages en discussion dans l’enseignement des langues anciennes ou la nouvelle répartition des heures de langues vivantes en débat de la sixième à la troisième. Comme si le sort de 15 % d’élèves inscrits en classes bilangues et de 20 % de latinistes exigeait un débat national, tandis que celui d’une majorité silencieuse devait laisser indifférents médias, politiques et spécialistes…
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Le rôle de l’Agence nationale de lutte contre l’illettrisme. Entretien avec Hervé Fernandez

par Sai Beaucamp Henriques

L’Agence nationale de lutte contre l’illettrisme (ANLCI) a été créée en 2000, à la suite de la publication du rapport de Marie-Thérèse Geffroy évaluant les actions menées par le Groupe pour la lutte contre l’illettrisme (GPLI), fondé en 1984. L’ANLCI reprendra le flambeau avec, à sa tête, Marie-Thérèse Geffroy. Maintenant un lien fort avec les partenaires et les acteurs impliqués, l’Agence fédère toutes les initiatives qui concourent à la réduction de l’illettrisme et insiste sur la prévention.

À l’époque de ce changement, entre 1998 et 2000, le ministère de la Défense estimait à 1, 8 million le nombre d’illettrés en France, alors que l’INSEE en comptait déjà 2, 3 millions. En 2004, l’INSEE en dénombrait 3 millions, contre 2, 5 millions en 2011. Hervé Fernandez a bien voulu préciser à L’École des lettres le rôle de l’Agence dont il est le directeur.

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Comment faire évoluer des écrits d’élèves en décrochage scolaire ? Contexte professionnel analysé – un centre médico-pédagogique

par Hella Féki

L’analyse didactique dont il est question ici interroge une expérience d’enseignement auprès d’adolescents présentant des troubles sévères du comportement, dans un centre médico-pédagogique. Ces élèves connaissent une période de décrochage scolaire et ont un rapport difficile à la temporalité, au rythme scolaire et à la préparation aux épreuves anticipées de français. Cette étude analyse les gestes professionnels mis en place afin de permettre à ces élèves de reprendre confiance en eux et de faire évoluer leur rapport à l’écrit en usant de stratégies diverses. L’un des moyens mis en œuvre est la prise en compte de la singularité du « sujet lecteur » lors de l’analyse de textes grâce aux « impressions dessinées », au « portrait chinois » et à l’utilisation d’un logiciel d’écriture collaborative, EtherPad.

Les élèves en décrochage scolaire ont un rapport difficile, compliqué, douloureux, à l’écrit – il faut trouver des moyens de faire évoluer ce rapport tout en leur permettant de reprendre confiance en eux. C’est toute une problématique autour de l’estime de soi qui est donc en jeu, surtout lorsqu’ils passent les épreuves anticipées de français du baccalauréat.

Il s’agit alors de comprendre quelle est leur « relation au savoir ». La question est au cœur de ce contexte, comme l’est le rapport du patient à la maladie.

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Concours de l’imagier des dix mots (écoles),
Concours des dix mots (collèges et lycées) 2015-2016 –
« Dis-moi dix mots en langue(s) française(s) »

Sommaire n°5, 2014-2015