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Sommaire n° 2, 2017-2018

Philocomix », de Jean-Philippe Thivet, Jérôme Vermer et Anne-Lise Combeaud – le gai savoir en bulles

par Marie-Hélène Giannoni

Qu’est-ce que le bonheur ? La question occupe régulièrement la une des magazines, et les ouvrages invitant à la méditation, à la sagesse, à la spiritualité, au développement de la vie intérieure (programme non exhaustif), trônent en bonne place dans les librairies comme sur les listes des best-sellers. Il faut avouer que le sujet trouve écho en chacun de nous,que l’on soit élève de primaire, de collège ou de lycée, professeur débutant ou aguerri, philosophe de formation ou parfait néophyte. Dans _Philocomix_, la quête existentielle prend tout son sens, et le titre de cette bande dessinée figure l’ambition d’un projet à la portée universelle, alliant pédagogie et humour, rigueur scientifique et graphisme ludique. Pour cerner la notion de bonheur, les trois auteurs développent la question du « vivre bien » sur laquelle se sont penchés des « poids lourds » de la pensée occidentale, de l’Antiquité au XIXe siècle. Cependant, le bonheur dont il est ici question,loin d’être une simple forme de développement personnel, concerne aussi bien la collectivité que l’individu. Résolument optimiste, la couverture de Philocomix montre un Épicure hilare, qui invite une assemblée d’hommes et de femmes à le rejoindre dans son jardin et s’écrie – « _Je pense, donc je suis heureux !_ », mêlant ainsi le cogito cartésien au but de son enseignement, l’ataraxie, un « _état d’équilibre harmonieux_ » empreint de sérénité – «_Pour être heureux, il faut donc bien se connaître soi-même, et vivre selon sa nature_ » (p. 34).


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« Socrate. Un homme dangereux », de Christopher Bouix

Yves Stalloni

Le célèbre Steve Jobs, créateur d’Apple, assurait être prêt à donner « _toute \[sa] technologie pour un après-midi avec Socrate_ ». Avec talent et humour, Christopher Bouix, qui a manifestement passé de nombreuses journées avec le sage d’Alopèce, un quartier pauvre de l’Athènes antique, nous invite à combler ce vœu. Certes, Socrate n’est pas là à discourir avec nous devant une tasse de café, mais il est proche, accessible, familier, et la lecture de ce livre pourrait presque valoir un tête-à-tête postprandial... Cette enquête passionnante et documentée sur la vie scandaleuse d’un vieux fou sorti d’une très lointaine Antiquité sera sans doute une révélation et une précieuse initiation pour des adolescents n’ayant pas encore découvert la discipline appelée « philosophie ». Elle sera pour les autres lecteurs, même adultes, surtout adultes, l’occasion d’entendre la voix de Socrate et de mieux comprendre le message d’un penseur... qui n’a pas écrit une ligne.


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« La Fontaine. En vers et contre tout ! », de Sylvie Dodeller

Stéphane Labbe

La biographie que Sylvie Dodeller consacre à Jean de La Fontaine permettra à des élèves de cinquième d’entrer dans l’univers social du XVIIe siècle, si éloigné du nôtre. Le professeur de français veillera, par son étude, à faire écho au cours d’histoire, qui aborde la question de l’absolutisme. Ce sera l’occasion, en français, de revenir sur l’entrée, « _Vivre en société, participer à la société_ », illustrée par la thématique intitulée « _Avec autrui – familles, amis, réseaux_... ». Le parcours de La Fontaine (comme les intrigues de Molière) montre comment, au XVIIe siècle, la famille organise la vie de l’individu sans tenir compte de ses aspirations personnelles. Il témoigne aussi de l’importance des réseaux dans cette France de l’absolutisme toute dévouée à la personnalité d’un monarque sourcilleux.


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Les « Contes » de Marie-Catherine d’Aulnoy, des contes de fées littéraires. Une séquence pour la classe de 5e

Stéphane Labbe

Les nouveaux programmes de cinquième invitent, dans le cadre de l’entrée « _Regarder le monde, inventer des mondes_ », à analyser au moins un conte merveilleux. L’œuvre de Mme d’Aulnoy, moins connue que celles de Perrault ou des frères Grimm, aura pour la majorité des élèves le mérite de la nouveauté. Elle permet, en outre, d’évoquer le siècle de Louis XIV, et rien n’interdit de réfléchir à la coïncidence qui existe entre la fin d’un règne marqué par le rigorisme et l’austérité religieuse et l’émergence d’un genre, le conte de fées, qui autorise toutes les fantaisies. _ Plan de la séquence _ 1. Situation des contes 2. l’ouverture du "Nain jaune" 3. l’intrigue du "Nain jaune" 4. La conjugaison du passé simple 5. Le dénouement du "Nain jaune" 6. Entrer dans le merveilleux avec "La Chatte blanche" 7. Lecture de "La Chatte blanche" 8. Analyse d’un extrait de "L'Oiseau bleu" 9. Synthèse et évaluation de l’oral 10. Évaluation


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« Ma mère l’Oie. Mythologie et folklore dans les contes de fées », de Philippe Walter

Jean-Charles Berthet

En 1697, Charles Perrault intitule son célèbre recueil _Contes de ma mère l’Oye_. Mais d’où vient cette curieuse expression – « Ma mère l’Oye » ? Pourquoi Perrault a-t-il placé son recueil sous l’égide de l’oie, alors qu’aucun de ses huit contes ne fait apparaître le volatile ? Telles sont les questions qui ouvrent la vaste enquête que mène Philippe Walter en suivant les oies à travers les contes et les mythes de l’Eurasie. L’ouvrage s’organise... à la manière d’un jeu de l’oie – une introduction comme une sorte de règle du jeu, neuf chapitres comme autant de cases bénéfiques, une conclusion intitulée « 63 », nombre symbolique du jardin de l’oie, une version inconnue du «Petit Chaperon rouge», une bibliographie sélective et un index des contes et des auteurs cités.


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Cinq clefs pour Michel Tournier

Mathilde Bataillé

En 1979, dans Des clefs et des serrures, Michel Tournier faisait paraître sa « Nécrologie d’un écrivain ». Ce court texte, qui rend bien compte de la place qu’occupaient, dans l’œuvre de l’auteur, les questionnements sur la mort, relève du pastiche et entretient l’ironie. L’écrivain, qui s’est toujours montré critique à l’égard de l’entrée au Panthéon de Malraux, imagine alors « _le vaste et somptueux cortège qui accompagnera \[s]a dépouille au Panthéon, au son de l’allegretto de la septième symphonie de Beethoven_ ». Dans la version légèrement remaniée qu’il intègre en 1986 à Petites proses, il fixe également sa propre disparition à l’an 2000 et précise, à côté de son nom, ses dates de naissance et de mort, comme le ferait une pierre tombale. Par-delà ce ton malicieux si caractéristique de l’auteur, ce texte révèle, de manière oblique, des valeurs ou des idées que revendique Tournier et auxquelles il désirait être associé, telles que la philosophie, le naturalisme mystique ou encore la célébration de la vie. Cette « Nécrologie d’un écrivain », dont l’image centrale est celle d’un « gisant au visage masqué par un livre ouvert », rend bien compte du goût du romancier pour les portraits biaisés. Connu, en effet, pour son esprit singulier, Tournier aimait dérouter, jusque dans l’image de lui-même qu’il pouvait renvoyer. L’auteur, qui se décrivait – non sans ambiguïté – comme un « anti-Narcisse » et qui disait « _rêver d’être l’homme invisible_ », se prêtait assez peu au jeu du portrait traditionnel. S’il affirmait vouloir « _avanc\[er] masqué_ », il n’était pourtant pas sans se démasquer dans ses textes et ses déclarations. Encore faut-il déchiffrer les pseudonymes et lire les portraits calligrammes car les peintures de Tournier les plus fidèles sont rarement les plus explicites. C’est ainsi, à partir d’un autre portrait – intitulé _Cinq clefs pour André Gide_ – dont Tournier est l’auteur et non le modèle, que nous proposons de « cerner » sa personnalité. « \_Miroir à deux faces\_ », pour reprendre le titre de l’un de ses recueils de contes, ce long portrait admiratif et enthousiaste de l’auteur des _Nourritures terrestres_ livre à son tour \_Cinq clefs pour Michel Tournier\_.


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« New York mis en scènes », de Jean-Michel Frodon

Philippe Leclercq

C’est avec Woody Allen que Jean-Michel Frodon entreprend de croquer la « grosse pomme ». Avec gourmandise et érudition, il nous invite à en arpenter les rues et l’univers, et à nous transporter dans la géographie de nos souvenirs cinématographiques, à retrouver la réalité dans la fiction (et vice versa), car, nous dit-il, « _à cause du cinéma, toute vue à New York est une image de New York_ ». New York mis en scènes se présente comme un guide pratique à l’usage des flâneurs (et des) cinéphiles. L’ouvrage se divise en deux parties – un petit essai sur le rapport que les cinéastes entretiennent avec la ville qu’ils ont filmée, suivi d’une cinélocalisation, avec plans et photogrammes, pour retrouver une scène, un film, un auteur dans la rue ou le quartier indiqué.


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Le grec ancien pour tous. Ouvrir une option de grec au collège et au lycée – mode d’emploi

Gaëlle Tirel

Convaincus de l’intérêt du grec ancien dans l’enseignement secondaire, rares sont pourtant les professeurs de lettres classiques qui bénéficient, dans leur service, d’heures dédiées à cet enseignement. Cette absence est fréquemment vécue comme une grande frustration – quoique formés à la langue et à la culture grecques, et admis aux concours validant leurs connaissances et leur aptitude à les transmettre, beaucoup n’ont pas l’occasion d’exercer pleinement le métier qu’ils ont choisi. Or la création d’une option « grec ancien » dans un établissement repose peut-être avant tout sur la volonté de ces mêmes professeurs. Ces quelques lignes ont pour but d’expliquer la démarche que chacun peut engager pour tenter de proposer cet enseignement dans son collège ou son lycée.


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Éditer un album pour la jeunesse autour de « L’Odyssée » d’Homère – « Le Rameur d’Ulysse »

Alexandra Ibanès

Afin de donner aux élèves de CM2 comme de sixième à la fois le goût d’écrire et celui de mener un travail collectif, deux enseignantes – l’une professeur des écoles, l’autre professeur d’arts plastiques – ont bâti le projet de leur faire éditer un album autour de _L’Odyssée_ d’Homère. Les tâches se sont réparties de la manière suivante – aux CM2 le travail de l’écriture, aux élèves de sixième celui de l’illustration. Deux vers tirés du chant XII de L’Odyssée, susceptibles d’ouvrir l’imaginaire des enfants, ont été choisis pour accroche – « _Il vous faudra d’abord passer par les sirènes, / Elles charment tous les mortels qui les approchent_. » Ainsi, durant six mois, trente et un élèves de CM2 ont vécu une odyssée au pays des mots et de la mythologie, tandis que leurs camarades de sept classes de sixième réalisaient des gouaches, dont une quinzaine ont été sélectionnées pour servir d’illustrations au Rameur d’Ulysse, l’album dont ils ont suivi la fabrication, de la conception à la production finale, et que l’[on peut télécharger ici](http://actualites.ecoledeslettres.fr/wp-content/uploads/2017/12/LE-RAMEUR-D-ULYSSE-1.pdf).


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Les vertus de l’interdisciplinarité – comment mêler compétences et savoirs

Alexandre Lafon

Inscrite au coeur de la réforme des programmes de collège de 2016 à travers la mise en place des heures d’Enseignements pratiques interdisciplinaires (EPI), l’interdisciplinarité comme horizon pédagogique semble pourtant avoir vécu. Dès son arrivée, le nouveau ministre de l’Éducation nationale a souhaité desserrer le « _carcan_ » des EPI en supprimant les huit thèmes associés comme la nécessité de faire dialoguer les disciplines dans le cadre horaire théoriquement imparti. Ce choix témoigne de deux pratiques qui ont la vie dure à l’école : 1. la difficulté de poursuivre au delà de quelques années (quelques mois ?) une politique pédagogique stable et claire – voilà deux ans, l’interdisciplinarité était plébiscitée par le ministère – elle est présentée aujourd'hui comme inopérante ; 2. la permanence d’un enseignement disciplinaire dont on sait depuis longtemps déjà qu’il ne répond pas aux enjeux pédagogiques contemporains. Ce grand écart constant entre ce que vivent (et testent) les enseignants dans leurs pratiques et les orientations scolaires grève l’efficacité de l’école.


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Initiation au théâtre – à quand le théâtre pour tous ?

Pascal Caglar

Le 6 août dernier, Françoise Nyssen, ministre de la Culture, déclarait au _Journal du dimanche_ – « _C’est la culture, la connaissance et son partage qui sont les vraies sources d’enrichissement personnel. C’est une évidence pour tous ceux qui ont la chance d’y avoir accès et ma mission, c’est d’en faire une évidence pour tous – que l’accès à la culture, et plus particulièrement à la diversité culturelle, ne soit pas une chance pour certains mais un droit bien réel pour chacun_ » (_www.lejdd.fr_). Quelques jours plus tard, elle confiait au _Figaro Madame_ – « _La culture n’est pas un supplément d’âme, mais un point vraiment constitutif de l’éducation._ » À cet égard, les publics du théâtre, à commencer par le public scolaire, devraient particulièrement intéresser les ministères de la Culture et de l’Éducation nationale, puisque, si la culture est constitutive de l’éducation, les chiffres de fréquentation ne témoignent pas d’un égal accès de tous aux spectacles, et l’école – collège ou lycée – est loin de remédier à ces inégalités.


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Promotion de la lecture – « Lectures en Maillot de Bain », Avignon 2011-2016

Gwenaëlle Evano

Nous avions hésité un peu – « Bronzer entre les lignes » ? « Des doigts de pieds à l’encre salée » ? «À pleines p(l)ages ! » ? Finalement, ce fut « Lectures en Maillot de Bain » qui s’imposa et nous accompagna pendant six belles années dans les chauds alizés d’un projet taillé sur mesure... mais aussi contre vents et marées.


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Parcours d’éducation artistique et culturelle / ÉMI – « Mon petit collège en pleine campagne », un photoreportage

Claire Rafin

Les élèves de quatrième du collège André-Lallemand de Pouilly-en-Auxois ont remporté le Concours de photoreportages organisé par le festival de photographie documentaire imageSingulières, le site Mediapart et le CLÉMI (Centre pour l’éducation aux médias et à l’information) sur le thème « _Enseignants, élèves, racontez en images votre quotidien_ ». Retour sur ce Parcours d’éducation artistique et culturelle et d’Éducation aux médias et à l’information (PÉACÉMI), du montage à la récompense finale.


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