Stop au harcèlement

Un enfant sur dix serait victime de harcèlement : comment repérer ? Comment réagir ? Un essai pratique pour contrer un mal longtemps négligé.

Un enfant sur dix serait victime de harcèlement : comment repérer ? Comment réagir ? Un essai pratique pour contrer un mal longtemps négligé.

En matière de harcèlement, les témoignages peuvent faire effet d’électrochoc : comprendre, réaliser, mesurer, ne pas se laisser faire, prévenir. Ces messages d’alerte jaillissent de cet essai qui veut contrer un mal longtemps minimisé alors qu’il creuse des plaies profondes. « Le terme ‘‘ harceler ’’ vient du mot
‘‘ herse’’ qui désigne un outil agricole muni de pointes servant à briser les mottes de terre et laissant des traces derrière lui. », annoncent Carina Louard et Anne-Lise Boutin, journaliste et illustratrice, en début d’ouvrage. « Vanner n’est pas harceler », précisent-elles aussi, le harcèlement consistant à « pourrir la vie » de quelqu’un par de petites attaques répétées en cachette. Manon, en cinquième, se fait insulter sur son physique avec sa copine allemande et l’autre d’origine chinoise : « J’avais une grosse frange derrière laquelle je me cachais, mes oreilles étaient soi-disant décollées, j’étais une ‘‘ intello ’’, je n’avais ‘‘ pas de
formes’’. Je n’ai pas osé réagir, j’avais zéro confiance en moi […] Mon amie allemande avait droit au salut nazi, mon amie chinoise à des réflexions racistes… »

En quatrième, elle se fait traiter de « fille facile » qui « couche avec tout le monde ». Elle ne veut pas en parler avec sa mère, déjà en dépression, ses profs ne la trouvent pas « isolée », leur critère de repérage exclusif. Elle commence à sécher les cours (pour éviter le collège) et à regarder des vidéos la nuit (pour penser à autre chose). C’est la dégringolade. Sa mère la fait hospitaliser juste à temps. « Contrairement à ce qu’il se passait il y a dix ans, il n’y a plus un collège ou un lycée qui ne connaît pas le harcèlement en ligne, avertit Justine Atlan, directrice générale de l’association e-enfance. Le confinement de mars 2020 lors de la pandémie mondiale liée au coronavirus, a accéléré ce phénomène. » La plateforme d’écoute de e-enfance a enregistré une augmentation de 30 % des cas. Un enfant sur dix serait victime de harcèlement. Trois par classe. Dénoncer n’est pas balancer, insiste cet essai qui recense de manière limpide les éléments de diagnostic et indique comment réagir, qu’on soit victime ou témoin.

Carina Louart et Anne-Lise Boutin, Harcèlement, comment dire stop ?, Actes Sud Junior, 72 p., 14,50 euros.

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