Verdun, février-décembre 1916, la guerre dans la guerre

Félix Vallotton, Verdun, 1917, huile sur toile, musée de l’Armée, Paris
Félix Vallotton, Verdun, 1917, huile sur toile, musée de l’Armée, Paris

 
Cent ans après la bataille, nul ne peut vraiment échapper en France à la mémoire collective de Verdun. Au dire des anciens combattants, qui n’avait pas fait Verdun, n’avait pas fait la (grande) guerre. Pour Antoine Prost et Gerd Krumeich, auteurs à quatre mains d’une histoire franco-allemande de Verdun, la bataille qui se joue en 1916 sur les rives de la Meuse devient « une métaphore de toute la guerre ». Oubliés les pantalons garance de Ceux de 1914, fauchés dans les blés, oubliés les massacres des soldats des tranchées de 1915 dont il faut rappeler qu’elle fut l’année la plus meurtrière de la guerre.
L’expérience de la bataille de Verdun écrase la mémoire de la Grande Guerre qui n’en est pourtant pas avare. Pourquoi donc ces « 300 jours et 300 nuits » de combats hantent encore notre mémoire collective, notre espace proche, nos rues, nos programmes scolaires, nos objets culturels (romans, chansons) ?
Pourquoi développer un programme commémoratif spécifique qui fera se réunir, pour le meilleur de la réconciliation franco-allemande et l’histoire européenne, le président François Hollande et la chancelière Angela Merckel le 29 mai 2016 sur l’ancien champ de bataille de Verdun ?

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Mitrailleuse en position dans une tranchée de première ligne dans le secteur des Éparges en février 1915
Mitrailleuse en position dans une tranchée de première ligne dans le secteur des Éparges en février 1915

 
Verdun avant Verdun
On se bat à Verdun bien avant 1916. Si le secteur est assez calme à l’aube du 21 février, il a connu son lot de combats meurtriers. Maurice Genevoix raconte ainsi l’expérience terrible des premiers engagements auxquels lui et ses hommes participent « sous Verdun » en septembre 1914 à l’extrême est du cadre de la bataille de la Marne. Cette expérience de la guerre vécue se retrouvera au cœur de son premier livre de témoignage publié… en 1916.
Dès octobre 1914, les forts de la ceinture fortifiée de Verdun sont bombardés. Entre février et avril 1915, des combats terribles opposent Français et Allemands pour la possession de la crête des Éparges au sud-est de la ville, alors qu’André Pézard participe à la stupéfiante guerre des mines qui se déploie sur la butte de Vauquois à l’ouest de Verdun. Il en témoignera lui aussi dans un livre poignant qui sera réédité en avril 2016 aux éditions de la Table Ronde.
À l’été 1915, les forts de la place de Verdun ont pourtant été désarmés de leurs canons pour soutenir la montée en puissance de l’artillerie lourde sur d’autres théâtres d’opération, notamment en Champagne et en Artois. Le lieutenant-colonel et député Émile Driant se plaint fin 1915, à juste titre, de l’état sommaire et précaire des lignes de défense au nord-est de la ville qui forment alors un saillant dans le dispositif allemand.
Le haut-commandement est informé d’une possible attaque allemande sur le front de Verdun début 1916, mais le généralissime Joffre n’y croit pas vraiment. Il envoie cependant son chef d’état-major Castelnau le 23 janvier 1916 dans ce secteur du front : « Allez-y si vous voulez, mais ils n’oseront jamais nous attaquer à cet endroit du front. »
La bataille de Verdun
La bataille de Verdun

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Une offensive allemande sur le front Ouest…
Pour Falkenhayn et l’état-major allemand, l’idée est bien de mener début 1916 une attaque « brusquée » avec de très forts effectifs, sur un point du front ouest, afin d’infliger une blessure morale et physique à l’armée française, l’obliger à brûler ses effectifs en prenant la région fortifiée de Verdun. L’idée d’une « saignée à blanc » sera évoquée a posteriori. Le plan tactique s’appuie sur le projet d’un violent bombardement précis, sur une seule journée et sur un espace réduit. Écrasé par le formidable déluge de fer, le terrain doit être dans un deuxième temps conquis par des groupes de combattants infiltrés, laissant à d’autres unités le soin de réduire les éventuelles poches de résistance.
L’attaque initiale, prévue le 12 février, est reportée le 21 en raison des conditions météorologiques exécrables. Ce jour-là, on estime à un million d’obus projetés sur un front de quelques kilomètres entre 7 h et 16 h. Les troupes françaises, peu abritées, sont véritablement écrasées. En fin d’après-midi, les soldats allemands s’avancent souvent tranquillement dans un paysage dévasté. Ils se heurtent pourtant à des tirs nourris de soldats hagards mais déterminés, tels les diables bleus des 56e et 59e bataillons de chasseurs à pied du colonel Émile Driant au bois des Caures. Ce dernier meurt le 22 février après avoir ordonné le repli aux quelques survivants qu’il commandait.
Le lieutenant-colonel Driant au milieu de ses chasseurs à pied
Le lieutenant-colonel Driant au milieu de ses chasseurs à pied

 
Les combats sont acharnés, les Allemands gagnent du terrain jusqu’au 25 février, date de la prise du fort de Douaumont, laissé sans réelle défense. L’avance est pourtant moins rapide et plus meurtrière que prévue. Comme les Français, les Allemands essuient des pertes importantes. Mais le front est près de craquer. C’est dans ce contexte que le général Pétain et son état-major sont appelés à commander la IIe Armée en charge de la défense de la Région fortifiée de Verdun (RFV). Le commandement est repris en main, le choix de défendre Verdun sur la rive droite entériné, des troupes et du matériel acheminés en nombre et en quantité. Autant de facteurs qui expliquent la demi-victoire allemande.
D’offensive, l’attaque devient une bataille qui s’étend dans le temps et dans l’espace. Le commandement allemand élargit en effet le front d’attaque à la rive gauche au début du mois de mars et « la bataille de Verdun devint un affrontement continu », comme le soulignent encore Antoine Prost et Gerd Krumeich, en particulier jusqu’au déclenchement de l’offensive alliée sur la Somme le 1er juillet qui oblige les Allemands à diminuer leur pression sur le front de Verdun.
 
Les combats autour de Douaumont
Les combats autour de Douaumont

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300 jours, 300 nuits
Verdun se caractérise par la dynamique des combats, qui ne cessent pratiquement pas. Une série d’offensives et de contre-offensives s’enchaînent, des villages et des points stratégiques sont pris et repris des dizaines de fois. On peut distinguer cependant deux grandes périodes dans la bataille.
Le fort de Vaux et ses abords en août 1916
Le fort de Vaux et ses abords en août 1916. « Tout le champ de bataille est entièrement pilonné. C’est à peine si l’on distingue quelques rares éléments de tranchée. Les bois qui recouvraient le plateau du fort de Vaux et les pentes du ravin de la Horgne ont disparu. Le sol trituré a pris un aspect d’éponge. »

 
• La première période va jusqu’en juillet 1916.
L’initiative est alors à l’armée allemande. Elle réussit, après l’avancée de février, à grignoter du terrain rive droit et gauche. Sur la rive droite, la progression se fait jusqu’au fort de Vaux qui tombe le 2 juin. De très violentes offensives sont lancées par les Allemands rive gauche, notamment sur Avocourt entre le 21 et le 23 mars. Elles sont stoppées par le feu de l’artillerie lourde française. Ces journées restent comme les plus infernales pour les deux adversaires. Début avril, les Français perdent le village de Vaux écrasé, le Mort-Homme rive gauche qui est alors un point d’observation important du champ de bataille. Le 10 avril, le général Pétain lance son célèbre « Courage, on les aura ! ».
Jugé trop porté à la défensive, soucieux de colmater les brèches plus que de lancer une grande offensive, Pétain est cependant remplacé le 17 avril à la tête de la IIe Armée par le général Nivelle jugé plus apte à porter l’offensive contre les Allemands alors que ces derniers accentuent leur pression. Début mai est marqué par la prise du village de Cumières et de la cote 304 rive gauche par les Allemands.
Le tonnelier Louis Barthas arrive sur le front de Verdun à cette période. Il écrit : « Le jour parut et je contemplais cette fameuse cote (304) sans nom au pied de laquelle se trouvait notre tranchée. Depuis plusieurs mais elle était disputée comme si elle contenait en ses flancs des mines de diamant. Hélas, elle ne contenait que des milliers de cadavres déchiquetés et pulvérisé. » Les troupes du général Mangin tentent une attaque sur Douaumont qui échoue fin mai. Les combats font rages sur Fleury et Douaumont encore début juin.
Il faut attendre l’offensive russe de Broussilov sur le front Est en juin et le déclenchement de la bataille de la Somme le 1er juillet, qui obligent les Allemands à une redistribution des unités, pour voir se renverser la dynamique.
 
La bataille de la Somme
 
• S’ouvre alors une deuxième période, celle de la reconquête du terrain perdu par les troupes françaises.
À partir de août-septembre 1916, la bataille de Verdun devient ainsi une bataille française, les Allemands optant pour la défensive. Falkenhayn est remplacé par Hindenburg et Ludendorff le 29 août. Les combats se poursuivent, très meurtriers. Une offensive minutieusement préparée par Mangin et Nivelle aboutit le 24 octobre à la reprise du fort de Douaumont, et le 2 novembre à celle du fort de Vaux, alors que les troupes allemandes connaissent une chute du moral et de la combativité après les insuccès rencontrés. Entre le 15 et le 18 décembre enfin, les Français reprennent le terrain perdu pour retrouver la ligne de front du 21 février. Il faudra attendre l’été 1917 pour reconquérir le Mort-Homme sur la rive gauche.
La bataille de 300 jours et 300 nuits imprime au paysage du champ de bataille un aspect lunaire que l’on devine encore aujourd’hui sous le couvert végétal. Des millions d’obus français et allemands ont été déversés sur le champ de bataille : obus de tous calibres, à gaz ou à shrapnels. La bataille a mobilisé des dizaines de milliers d’hommes et une organisation logistique invraisemblable. Des tonnes de matériels et de munitions ont été acheminées afin de nourrir le front de Verdun, qualifié d’« enfer » par les témoins combattants. Une seule voie possible, celle qui relie Bar-le-Duc et Verdun, celle que Maurice Barrès appellera la Voie Sacrée, est mobilisée jour et nuit par les Français.
Le bilan humain est impressionnant, même si d’autres épisodes de la Grande Guerre ont pu être proportionnellement plus meurtriers. L’armée française compte 163 000 morts ;  l’armée allemande143 000. Si l’on compte l’ensemble des pertes, on peut retenir le chiffre de 740 000 hommes tués, blessés, prisonniers, disparus pour les deux belligérants. De ces faits et de ces éléments statistiques, il faut retenir que la bataille de Verdun se représente et se raconte dès février 1916 comme un mythe fascinant et effrayant, dont le récit perdure encore aujourd’hui.
Marsouins du régiment colonial du Maroc occupant les fossés du fort de Douaumont reconquis le 25 octobre 1916.
Marsouins du régiment colonial du Maroc occupant les fossés du fort de Douaumont reconquis le 25 octobre 1916.

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Le mythe de Verdun
Plusieurs facteurs ont contribué d’emblée à installer la bataille de Verdun dans un récit mythique. L’offensive allemande devient rapidement la bataille de Verdun dans la presse dès les 25-26 février 1916. Très vite, s’exprime l’angoisse de la rupture, alimentée par les récits des soldats qui témoignent dans leurs correspondances de la violence des combats. La noria des hommes mis en place décuple les récits sur Verdun, alors que les nouveaux armements, la puissance de l’attaque initiale, suivie de combats constants, marquent les récits de Verdun et de son « enfer ».
La faim, la soif, les difficultés matérielles des hommes, alliées à l’impression de pertes énormes, caractérisent le front de Verdun plus que tout autre. Cette expérience est partagée par les soldats français et allemands, mais ces derniers ne trouvent pas de relais mémoriel dans leur pays. La victoire ne venant pas, l’Allemagne se désintéresse rapidement du front de Verdun alors que les soldats allemands se battent dans leur Verdun à eux, sur la Somme, à partir du 1er juillet. À l’inverse, Verdun devient un symbole de la résistance française.
Le Mort-Homme. Dans les tranchées conquises, août 1917
Le Mort-Homme. Dans les tranchées conquises, août 1917

 
Pour Antoine Prost et Gerd Krumeich, le choix fait de tenir sur la rive droite constitue le point d’entrée dans le mythe de Verdun. La ville, associée au traité de Verdun de 843, au partage de l’Europe carolingienne, s’inscrit dans le roman national qui s’enseigne à l’école de la République, aux racines de la naissance du pays. L’enjeu de la ville et du champ de bataille devient ainsi davantage symbolique que réellement stratégique. Pour les Français, il faut tenir et ne pas se retirer. « Ils n’ont pas passé », reprend le monument commémoratif du Mort-Homme érigé en 1922 . Et à Verdun, le soldat français tient seul. La bataille de Verdun apparaît ainsi comme la victoire défensive de l’armée française qui fait écho à la Marne de 1914.
 
Monument commémoratif du Mort-Homme érigé en 1922
 
Le soldat de Verdun devient un héros, dont les témoins chantent et louent les exploits et l’esprit de sacrifice. Jacques Péricard, lieutenant au 95e RI publie Ceux de Verdun dès 1916. La presse se fait l’écho des combats et des témoignages d’actes héroïques. Une littérature particulière à Verdun se développe à l’intérieur de la littérature de guerre. L’Académie française parle de « l’armée de Verdun » dont les combattants sont glorifiés. Ainsi se justifient aussi le deuil et les souffrances.
La geste du soldat de Verdun intègre ainsi le « roman national » repris dans les manuels scolaire de l’entre-deux-guerres. Les souffrances, les soldats ensevelis dont témoignera le site mémoriel de la « tranchée des baïonnettes », les catastrophes du fort de Douaumont pour les Allemands (l’explosion d’un dépôt de munition à l’intérieur du fort fait entre 600 et 800 morts le 8 mai), du tunnel de Tavannes pour les Français (un incendie fait environ 500 victimes côté français le 4 septembre), construisent une identité particulière de la bataille.
Les paysages « cristallisés » par la forêt, définis par les monuments, installent le champ de bataille dans un espace sacralisé que les commémorations de 2016 viendront réactiver.
 
La Tranchée des Baïonnettes en 1920
La Tranchée des Baïonnettes en 1920

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Les commémorations
La prise en charge de la mémoire de Verdun par les anciens combattants s’organise rapidement après-guerre en s’appuyant sur des temps de commémorations. Le 23 juin 1920, en référence à la dernière offensive allemande de 1916 est posée à Verdun la première pierre d’un important monument au centre de la ville qui sera inauguré comme monument à la victoire et aux soldats de Verdun en 1929.
Porte en fer forgé du portique d'entrée du monument de la Tranchée des baïonnettes, par Edgar Brandt.
Porte en fer forgé du portique d’entrée du monument de la Tranchée des baïonnettes, par Edgar Brandt.

En 1920 toujours, est élevé le monument de la Tranchée des baïonnettes grâce au don d’un banquier américain. La porte métallique qui donne accès à la « tranchée » ainsi recouverte est l’œuvre d’Edgard Brandt, ferronnier d’art, qui réalisera aussi en 1923 le brûloir en bronze réalisé sur le tombeau du Soldat Inconnu de l’Arc de Triomphe.
Le choix du soldat inconnu, qui se déroule en novembre 1920 dans la citadelle de Verdun, renforce un peu plus la place de Verdun dans la mémoire nationale. Il accentue encore l’écrasement mémoriel des autres temps forts de la guerre par la bataille de Verdun qui perdure encore aujourd’hui.
L'ossuaire provisoire de Duaumont en 1921
L’ossuaire provisoire de Duaumont en 1921

En 1927 sort de terre, sous l’impulsion de l’évêque de Verdun, la tour centrale de l’Ossuaire de Douaumont qui reçoit les ossements retrouvés sur le champ de bataille. L’ensemble du monument sera inauguré en 1932. Ce ne sont pas moins de 122 villes françaises et 18 étrangères qui participèrent à son financement.
Diplôme de Georges Scott délivré aux souscripteurs par l'Œuvre de l'Ossuaire de Duaumont
Diplôme délivré aux souscripteurs par l’Œuvre de l’Ossuaire de Duaumont

 
L’espace de la bataille se trouve ainsi sacralisé par un ensemble de monuments dont l’Ossuaire de Douaumont et sa nécropole de plus de 13 000 tombes représente le point central.
L'ossuaire de Duaumont
L’ossuaire de Duaumont

La sacralité du lieu repose, outre sur la présence de plusieurs dizaines de milliers de corps encore enfouis, sur la vitrification paysagère : l’ancien champ de bataille n’est que très partiellement remis en culture, 17 000 hectares restent classés en zone rouge. La puissance du mythe de Verdun ainsi constitué trouve un prolongement géographique et symbolique important à travers tout le pays.
Ainsi, alors que la bataille n’est pas terminée, les paysages urbains partout en France intègrent Verdun au panthéon des noms de rues et de places.
 
Le Mémorial de Verdun, sur le site du village détruit de Fleury-devant-Douaumont
Le Mémorial de Verdun, sur le site du village détruit de Fleury-devant-Douaumont © AL

 
Cette mémoire combattante se matérialise encore davantage après la Seconde Guerre mondiale à travers la création du Mémorial de Verdun, musée inauguré en 1967 un an après la grande cérémonie du 50e anniversaire de la bataille présidée par le général de Gaulle. Le Mémorial rénové est ouvert au public à l’occasion du week-end commémoratif du centenaire du début de la bataille le 21 février 2016.
À ces différentes éléments s’ajoutent les rites et rituels qui font vivre Verdun comme lieu de mémoire national. Le bourdon de la lanterne des morts de l’Ossuaire ponctue le quotidien et rythme le temps du champ de bataille. Retraites aux flambeaux de milliers d’anciens combattants ayant servi à Verdun, cérémonies associatives et nationales à Verdun, sur la Voie Sacrée, ou au cœur de l’ancien champ de bataille ponctuent le calendrier mémoriel encore très vivace aujourd’hui. Les pèlerins sont nombreux, familles, anciens camarades et combattants de Verdun, à venir religieusement à Verdun dès les années 1920. En 1936, un rassemblement imposant de 20 000 survivants de la bataille de plusieurs nationalités dont des Allemands lors d’une retraite aux flambeaux

Le président de la République française François Mitterrand et le chancelier de la République fédérale d’Allemagne Helmut Kohl se donnant la main le 22 septembre 1984, à Verdun, devant l’ossuaire de Douaumont © INA
Le président de la République française François Mitterrand et le chancelier de la République fédérale d’Allemagne Helmut Kohl se donnant la main le 22 septembre 1984, à Verdun, devant l’ossuaire de Douaumont © INA

Aujourd’hui, les touristes français, allemands, ou belges ont remplacé les soldats disparus. Le regain d’intérêt mémoriel et commémoratif pour Verdun a doublé le nombre de visiteurs depuis 2014. Le projet porté par la Fondation du patrimoine, le conseil départemental de la Meuse et l’Office National des Forêt (ONF) de Verdun comme « forêt d’exception », vise à investir l’avenir autour du développement d’un tourisme pérenne de mémoire, couplé à un tourisme vert.
La geste politique, depuis De Gaulle en 1966, compte dans cette cristallisation de Verdun comme haut lieu de mémoire national. La poignée de main entre François Mitterrand et le chancelier Helmut Kohl, en 1984, participe de cet ancrage. Depuis 2009, les drapeaux allemands et européens flottent sur le fort de Douaumont, un an après la mort du dernier combattant français.
Le 29 mai 2016 sera l’occasion de réaffirmer la réconciliation franco-allemande devant l’Ossuaire de Douaumont. Placée sous le signe de la jeunesse et de la transmission, cette grande cérémonie est mise en œuvre par la Mission du centenaire de la Première Guerre mondiale (www.centenaire.org et www.verdun2016.ord) . Elle associera François Hollande et Angela Merkel et installera peut-être Verdun comme haut lieu de mémoire franco-allemand, à l’heure où l’Europe peine à se trouver des fondements politiques et historiques communs.

Par Alexandre Lafon, docteur en histoire contemporaine,
Université Toulouse-Jean Jaurès, CRID 1418

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