Ada, d’Antoine Bello :
programmée pour écrire un best-seller

Entre roman policier et science-fiction, Ada, Prix des lycéens Folio 2018, questionne l’impact de l’intelligence artificielle sur la révolution numérique. L’écrivain exploite aussi le versant d’enquête sociale du polar : qui exploite qui dans cette histoire ? Qui est doué de conscience, notamment politique et morale ?
Par Sylvie Neel, professeure de lettres modernes et classes préparatoires à Rennes
Perspectives d’ensemble
Au cœur de la Silicon Valley, le romancier Antoine Bello fait évoluer le très attachant inspecteur américain Franck Logan et son épouse, une professeure de français rebelle. L’hypothèse offerte par le genre de la science-fiction autorise l’auteur à postuler qu’une intelligence artificielle, Ada, s’est échappée de l’entreprise Turing Corp où elle a vu le jour. Son prénom a été choisi en hommage à Ada Lovelace, la pionnière de la programmation algorithmique. La créature artificielle agit-elle uniquement sous l’égide des géniaux explorateurs de la révolution numérique, Ada Lovelace et Alan Turing, pouvant être considérés comme ses parents spirituels ? Ou bien sert-elle surtout l’intérêt de puissants actionnaires ? Quelle vision Antoine Bello donne-t-il de la révolution numérique ? Comment l’intelligence artificielle inspire-t-elle l’auteur pour renouveler le genre du récit policier ? Comment le roman est-il également l’occasion d’interroger la sensibilité, notamment celle que requiert l’écriture littéraire et poétique ? Cette aptitude est-elle réservée à l’humain ? Que vaudraient les œuvres produites par une intelligence artificielle ? Serait-on capable d’identifier la programmation de l’écriture et son artificialité ? Pour nourrir ses réflexions, le récit met en opposition l’écriture méditative du haïku et le rendement productif de l’AI (pour Artificial Intelligence) qui veut à tout prix écrire un best-seller à l’eau de rose : mission que ses programmateurs lui ont confiée…
Ecrivain :
Niveau(x) d'études :
Seconde
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