« Disruptif », l’innovation de rupture

Formé sur le latin, l’adjectif « disruptif » a longtemps été inusité avant de revenir dans les usages en français par l’intermédiaire de l’anglais. Il s’est étendu à tous les domaines de l’activité humaine au point de qualifier des réalités parfois discutables.
Par Marie Pérouse-Battello, rédactrice lexicographe au Service du Dictionnaire à l'Académie française

Dans la Treizième Philippique, Cicéron, faisant une liste peu flatteuse des partisans de Marc Antoine, évoque notamment un certain Q. Célius, homo diruptus dirutusque, « un homme brisé et ruiné ». L’adjectif di(s) ruptus est formé sur le supin de di(s) rumpo, di(s) rumpere, qui signifie, au propre comme au figuré, « faire éclater en morceaux », « détruire complètement » (les parenthèses qui entourent le s du préfixe indiquent qu’il est étymologique, mais ne figure généralement pas dans les textes). Il exprime une fracture après laquelle rien ne demeure, et ne comporte en aucun cas l’idée positive d’un bouleversement qui, à terme, serait source de progrès (citons néanmoins, par acquit de conscience, une locution passive où le verbe sert à désigner une réalité moins fâcheuse : « mourir de rire » se dit en effet, en latin, dirumpi risu). […]

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Sixième, Cinquième, Quatrième, Troisième, Seconde, Première, Terminale, BAC Pro, Agrégation
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