À la rencontre des comédiens

Nicolas Antoine Taunay (1755-1830), Comédiens ambulants : le Théâtre de la Folie, musée des Beaux-Arts de Reims © RMN

Le théâtre doit se réinventer, entend-on de plus en plus ces derniers temps. Et à défaut de voir les salles se rouvrir, on voit des sites, des plateformes et des liens nous proposer, gratuitement ou pas, des spectacles filmés, anciens ou récents, des répétitions, des interviews, des lectures…
Ces initiatives impulsées par les théâtres mêmes ont peut-être le mérite d’élargir ponctuellement leur public (le nombre de connections sera toujours plus important que le nombre de spectateurs par séance) mais ce n’est pas se réinventer que de passer de la salle à l’écran, de l’œil à la caméra, c’est perdre un peu de son âme pour garder un peu de présence.
Du reste beaucoup de gens du métier ont bien conscience de ce pis-aller, de cette manière désespérée de dire « on ne vous oublie pas, on vous attend avec impatience », comme d’autres envoient une lettre pour pallier une visite, mais si le public d’amateurs n’a pas d’autre choix que ces retransmissions de consolation, le public scolaire, lui, peut compter sur des contacts renouvelés.
Il est en effet tout à fait possible d’accueillir en classe un acteur, un metteur en scène, un auteur, un membre de la production, de la communication, avec qui parler du monde du théâtre, de ses métiers et de ses créations, de ses techniques et de ses esthétiques, ouvrant ainsi des débats et des perspectives à des collégiens ou lycéens curieux de rencontres peu ordinaires.
Les acteurs ne jouent pas mais restent disponibles, les théâtres sont fermés mais les établissements scolaires restent ouverts : pour les enseignants et leurs élèves c’est le moment de travailler autrement sa connaissance du spectacle vivant. Aux contraintes d’une retransmission pas forcément compatible avec le temps scolaire, pas forcément insérable dans une séquence didactique, la rencontre directe avec des comédiens et des professionnels est une occasion rare, offerte par ces circonstances si particulières, pour dialoguer, approfondir et préparer son futur rôle de spectateur ou d’amateur.
S’agissant de relations avec les publics scolaires, il n’y a pas de petits ou de grands théâtres, de frontière Paris/Province, mais demandez à un acteur, quel qu’il soit : quand on aime le public, on aime les jeunes, quand on aime la salle, on aime aussi se produire en salle de classe.

Pascal Caglar

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Pascal Caglar

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