Les représentations du XVIIe siècle dans la littérature pour la jeunesse

Les 12 et 13 mai 2011, un colloque consacré aux représentations du XVIIe siècle dans la littérature pour la jeunesse contemporaine s’est tenu à la Bibliothèque municipale et à l’Institut des sciences de l’homme de Lyon. Organisé par le Groupe Renaissance et Âge classique de l’université Lumière-Lyon 2, il a permis à des écrivains, des bibliothécaires, des chercheurs, des enseignants et des étudiants de confronter leurs expériences et leurs réflexions sur un corpus romanesque relativement étendu : dans le champ éditorial dont les 9-15 ans constituent le cœur de cible, le XVIIe siècle, celui de Louis XIV surtout, est en effet à la mode.

 
Cette observation initiale a suscité de très nombreuses interrogations, dont voici quelques thèmes.
Tout d’abord, quel imaginaire propre à la cour de Versailles et à son royal occupant les rendent particulièrement aptes à répondre à une certaine demande du lectorat, mais aussi des prescripteurs, qui plébiscitent ce type de romans historiques ?
Quel est, dès lors, l’accueil réservé aux œuvres qui se détournent du « topos versaillais » et choisissent de montrer un autre XVIIe siècle ?
Comment  faire place à l’altérité que suppose la description d’un temps et d’une société fort éloignés des nôtres, tout en la conciliant avec l’habituelle recherche d’identification du lecteur qui fonde très souvent l’écriture pour la jeunesse ?
Quels sont les modèles génériques, outre le roman de cape et d’épée, qui inspirent les auteurs de notre corpus ?
Est-il réaliste et légitime de chercher à satisfaire à la fois les exigences des prescripteurs, pour qui un roman estampillé « Âge classique » doit être le vecteur d’un substrat culturel et pédagogique, et celles des jeunes lecteurs, dont les attentes sont tout autres ?
Dans le même ordre d’idées, comment se trouvent traitées les grandes figures du panthéon scolaire, celle de Molière notamment ?
Et enfin, dans quelle mesure, et de quelle façon le fait que le lectorat du roman pour adolescents soit essentiellement féminin influence-t-il la représentation qui est proposée du siècle de Louis XIV?
Toutes ces questions, auxquelles bien d’autres se sont greffées au cours des différentes sessions du colloque, ont donné lieu à des débats dont la richesse et la vivacité suffisent à attester, s’il en est besoin, la réalité des enjeux intellectuels, culturels, voire éthiques qui sous-tendent la production littéraire pour la jeunesse, qu’elle ait ou pas, du reste, le XVIIe siècle pour objet.

Marie Pérouse-Battello

 
• Consulter le programme du colloque « Les représentations du XVIIe siècle dans la littérature de jeunesse contemporaine : patrimoine, symbolique, imaginaire ».
• Écouter la première journée du colloque, dont la matinée a été consacrée à une table ronde animée par Marie-Laurentine Caëtano dans le cadre des jeudis du livre organisés par Médiat Rhône-Alpes, et réunissant Anne‑Sophie Silvestre, Florence Thinard, et Odile Weulersse.
• Pour retrouver l’intégralité des communications : Actes à paraître dans la revue Papers on French Seventeenth Century Literature en mai 2012, sous la direction d’Edwige Keller-Rahbé et de Marie Pérouse-Battello.
• Le XVIIe siècle dans l’École des lettres.

Image par défaut
l'École des lettres

Laisser un commentaire

14 + sept =