Gérard Marti, un retraité pas comme les autres

Les lauréates du concours Chasseurs d'actu, le 23 juin, dans la catégorie « Chasseurs en herbe », rubrique entretien, ont interrogé Gérard Marti. Un homme plein de sagesse chargé de mettre en place un jardin pédagogique dans leur établissement du bassin niçois.

Les lauréates du concours Chasseurs d’actu, le 23 juin, dans la catégorie « Chasseurs en herbe », rubrique entretien, ont interrogé Gérard Marti. Un homme plein de sagesse chargé de mettre en place un jardin pédagogique dans leur établissement du bassin niçois.

Par Lily-Rose Lacrimini, Yasmine Mokaadi et Elyna Ramoul, collège La Bourgade (Académie de Nice)

Gérard Marti, est un homme plein de sagesse qui nous a parlé de sa vie riche et passionnante. Son arrière-grand-père a été adopté par une famille qui était dans le monde de l’agriculture. C’est là qu’il a rencontré son arrière-grand-mère et, après la guerre, ils se sont mariés. Chez eux, à l’époque, si on voulait se nourrir, on devait planter. C’était leur règle. Les grandes vacances sont nés dans ce contexte agricole français, commençant en juillet et se terminant en août : c’était la saison où les récoltes  étaient très importantes et les enfants devaient aider à ces récoltes !

Chasseurs d’actu : Que faites-vous au collège ?

Gérard Marti : Mon intervention est organisée par l’association Appese (prévention des risques psycho-sociaux). Elle prend contact avec le collège de la Trinité pour organiser des jardins. Ça peut être pour des petits à partir de 6 ou 7 ans. On leur apprend à jardiner.

L’association gère aussi les jardins partagés c’est-à-dire des morceaux de parcelles qui sont donnés à des adultes avec un contrat. Ensuite, nous fournissons tous les plans comme ici.

Mon intervention au collège à raison de dix ou douze heures par an consiste à mettre en place un jardin pédagogique avec les collégiens.

On fait pousser des légumes et on sème des graines. On profite des arbres fruitiers sur les quatre saisons : automne, hiver, printemps et été. Les élèves apprennent comment planter les graines et les légumes. L’idée, c’est de montrer aux jeunes collégiens qu’ils sont sur la terre nourricière qui peut nourrir une famille.

Comment avez-vous créé ce jardin pédagogique ?

L’organisation du jardin et des cultures que nous allons y faire sont sous ma responsabilité. Le premier critère, c’est de planter avec les saisons. Le savoir-faire d’un jardinier ou d’un maraîcher, c’est justement de travailler avec les saisons, surtout quand on est en plein champ. On travaille en saisonnalité, et ensuite on va travailler avec les éléments, on travaille avec du vivant végétal.

Quand avez-vous eu l’idée de créer des jardins pédagogiques ?

À 16 ans, j’ai fait ma demande à l’école d’Antibes, il n’y avait pas de place et j’ai été orienté vers l’école industrielle aux Eucalyptus en mécanique générale.

Ça ne me correspondait pas et avec le recul dans les années 1968 – 1970, la France avait besoin de machinistes pour fabriquer des machines. Je travaillais dans une usine de machine-outil à La Trinité avec plus de 700 personnes. Au bout de 18 ans, ils nous ont tous mis dehors parce qu’il y a eu un abandon de la machine-outil française. Du coup, je me suis retrouvé au chômage et il a fallu que je me reconvertisse dans l’agriculture. J’ai alors créé mon entreprise de jardin-espace qui s’appelle Azur Environnement Service et je suis reparti dans les jardins pédagogiques.

Comment faites-vous pour entretenir ce jardin pédagogique ?

L’entretien du jardin commence par le besoin d’espace vert. Il faut aussi souvent vérifier s’il y a des prédateurs comme des sangliers. Il faut aussi prendre soin de la terre en l’arrosant quelques jours par semaine : les pommes de terre c’est une fois par semaine par exemple. J’utilise donc un circuit court pour la fraicheur des produits.

Est-ce que les légumes cultivés sont utilisés à la cantine ?

J’aimerais, et on aimerait tous, que cela se produise, mais il n’y a pas assez d’espace et il faudrait une autre organisation. Impossible avec moins de 50 m² de produire de quoi nourrir 500 à 600 élèves. Nous cultivons une très petite production que nous donnons aux élèves volontaires et participants.

L.-R. L., Y. M., E. R.

Cet article a été initialement publié sur le site du concours Chasseurs d’actu.

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