Guillaume Apollinaire et Charles Ray :
deux artistes dans leur modernité

Au programme des classes de première générale, Alcools, de Guillaume Apollinaire, permet d’engager une réflexion sur la notion de modernité dans la création artistique. Ici en tissant des liens avec le sculpteur américain contemporain Charles Ray dont certaines des œuvres sont exposées à la Bourse de Commerce à Paris, et ce jusqu'au 6 juin.
Par Haude de Roux, professeure de lettres classiques

Georges Feydeau :
des décors comme des coups de théâtre

Des préoccupations dramaturgiques dans Un fil à la patte. L’étude du décor, celui de l’acte III particulièrement, permet de mieux comprendre ce que signifie le spectaculaire dans la comédie. L’œuvre de Feydeau, par ses liens avec la commedia dell’arte, entre en résonance avec l’œuvre de Molière, Le Malade imaginaire, spectacle et comédie.
Par Haude de Roux, professeure de lettres classiques

Ada, d’Antoine Bello :
programmée pour écrire un best-seller

Entre roman policier et science-fiction, Ada, Prix des lycéens Folio 2018, questionne l’impact de l’intelligence artificielle sur la révolution numérique. L’écrivain exploite aussi le versant d’enquête sociale du polar : qui exploite qui dans cette histoire ? Qui est doué de conscience, notamment politique et morale ?
Par Sylvie Neel, professeure de lettres modernes et classes préparatoires à Rennes

Le Veston ensorcelé, de Dino Buzzati : et le doute subsiste

Mêlant réel et surnaturel, le fantastique séduit souvent. La nouvelle de l’écrivain italien, sur la vie d’un jeune homme affublé d’un étrange costume qui fait sa fortune, se prête bien à l’analyse de genre et permet de travailler les compétences en lecture et en écriture.

Par Shirley Conte, professeure de lettres modernes, collège Antoine-Risso à Nice

Julie ou la Nouvelle Héloïse,
le secret d’une lecture à succès

En 1761, ce roman sentimental renouvelle la vision de la femme lectrice et la représentation des couples, comme Émile ou De l’éducation, un an plus tard, marquera l’histoire de la pédagogie. Julie ou la Nouvelle Héloïse cause un choc à sa parution en 1761. Paradoxalement, ce roman célèbre les lectrices sages, alors qu’Émile condamne, en 1762, toute lecture féminine. En quoi Julie est-elle le modèle d’une lectrice exceptionnelle au XVIIIe siècle ? Et pourquoi a-t-elle suscité l’enthousiasme des lectrices ?
Par Sandrine Aragon, Sorbonne Université

Amour et/ou mariage
dans la littérature du Moyen Âge

Il n’y avait d’amour qu’en dehors du mariage et de la morale dans une partie de la littérature du Moyen Âge, où se retrouvent des couples comme Lancelot et Guenièvre ou encore Tristan et Iseult. Il ne faudrait pas oublier pour autant la littérature anti-courtoisie et la théologie du mariage développée par l’Église.
Par Jean-Louis Benoit, maître de conférences (HDR) à l’université de Bretagne occidentale

Le Secret derrière la porte, de Fritz Lang

Étudié en spécialité cinéma en terminale, ce chef-d’oeuvre de Fritz Lang convoque des références à l’expressionnisme allemand, à la psychanalyse de Freud ou au film gothique centré sur une héroïne confrontée au rêve et à la mort. Il permet aussi d’aborder le rôle du cinéaste au travail. De quoi intéresser dès le cycle 4.
Par Juliette Goffart, professeure de lettres et de cinéma, et critique de cinéma

Histoire d’une renaissance

L’adaptation en bande dessinée par Jérémy Royer du roman de Nastasia Rugani, Tous les héros s’appellent Phénix, offre une belle entrée au thème « Avec autrui : amis, famille, réseau » au programme de français de cinquième. Un professeur prend une place grandissante dans une famille dysfonctionnelle dont il devient le prédateur. La narratrice construit un parcours de détection de la violence et de la manière d’y répondre. C'est aussi une ode à la sororité.
Par Ophélie Praly, professeure de lettres modernes, et Olivier Dufaut, professeur documentaliste

Quand Jack London plonge dans Londres

Comment informer, s’informer, déformer, avec l’écrivain envoyé spécial dans l’East End au tout début du xxe siècle. Dans Le Peuple de l’abîme, Londres devient « la ville de tous les possibles », et le journaliste celui qui dénonce horreurs et injustices.
Par Stéphane Labbe, professeur de lettres